| Adopté à Aruba le 6 octobre 1999 |
L'Acte final de la Conférence de plénipotentiaires pour ladoption du Protocole relatif à la pollution due à des sources et activités terrestres, se rapportant à la Convention pour la protection et la mise en valeur du milieu marin dans la région des Caraïbes
Les Parties contractantes au présent Protocole,
| Étant Parties à la Convention pour la protection et la mise en valeur du milieu
marin dans la région des Caraïbes, faite à Cartagena de Indias (Colombie) le 24
mars 1983, Résolues, en conséquence, à mettre en oeuvre la Convention et plus particulièrement son article 7, Prenant note du paragraphe 4 de larticle 4 de la Convention, Considérant les principes de la Déclaration de Rio et du chapitre 17 dAction 21 adoptés par la Conférence des Nations Unies sur lenvironnement et le développement tenue à Rio de Janeiro en 1992, le Programme daction pour le développement durable des petits États insulaires en développement adopté à la Barbade en 1994, ainsi que le Programme daction mondial pour la protection du milieu marin contre la pollution due aux activités terrestres adopté à Washington en 1995, y compris la liste indicative des sources et mécanismes de financement contenue dans son annexe, Washington, 1995), including the illustrative list of funding sources set forth in its Annex, Rappelant les règles pertinentes du droit international telles quelles se reflètent dans la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer adoptée en 1982, notamment sa partie XII, Conscientes de la grave menace que la pollution due à des sources et activités terrestres fait peser sur les ressources marines et côtières et sur la santé publique dans la région des Caraïbes, Conscientes de limportance des écosystèmes marins et côtiers de la région des Caraïbes dun point de vue écologique, économique, esthétique, scientifique, récréatif et culturel, Tenant compte des inégalités qui existent en matière de développement économique et social entre les pays de la région des Caraïbes, et de leurs besoins en ce qui concerne la réalisation dun développement durable, Résolues à coopérer étroitement afin de prendre les mesures appropriées en vue de protéger le milieu marin de la région des Caraïbes contre la pollution due à des sources et activités terrestres, Reconnaissant en outre quil importe de favoriser, aux niveaux national, sous-régional et régional, des actions fondées sur un engagement politique national à léchelon le plus élevé et la coopération internationale, en vue de traiter les problèmes que pose larrivée dans la zone dapplication de la Convention de polluants provenant de sources et dactivités terrestres, Sont convenues de ce qui suit : |
Article I Définitions
Aux fins du présent Protocole:
Article II Dispositions générales
Article III Obligations générales
Article IV Annexes
Article V Coopération et assistance
Article VI Programmes de suivi et d'évaluation
Article VII Études d'impact sur l'environnement
Dans le cadre de leurs lois et réglementations nationales, chaque Partie contractante veille à faire participer les intéressés à lévaluation quelle mène en application du paragraphe 2 ci-dessus et, si possible, publie les informations pertinentes obtenues dans le cadre de cette évaluation ou les rend disponibles.
Article VIII Mise en place de systèmes d'information
Les Parties contractantes coopèrent directement, ou dans le cadre dorganisations sous-régionales, régionales et, le cas échéant, mondiales compétentes à la mise en place de systèmes et de réseaux permettant léchange d'informations en vue de faciliter lapplication du présent Protocole.
Article IX Pollution transfrontière
Lorsquune Partie contractante est à lorigine dune pollution due à des sources ou activités terrestres susceptible de porter préjudice à l'environnement côtier ou marin d'une ou de plusieurs Parties contractantes, les Parties contractantes concernées népargnent aucun effort pour mener des consultations, à la demande de toute Partie intéressée, en vue de résoudre le problème.
Article X Participation
Chaque Partie contractante favorise, conformément à ses lois et réglementations nationales, l'accès aux informations et documents pertinents concernant la pollution de la zone dapplication de la Convention due à des sources et activités terrestres, et encourage les intéressés à participer au processus de prise de décisions en ce qui concerne lapplication du présent Protocole.
Article XI Éducation et sensibilisation
Les Parties contractantes élaborent et mettent en oeuvre, individuellement ou collectivement, des programmes visant à sensibiliser le public aux questions denvironnement et à la nécessité de prévenir, réduire et combattre la pollution de la zone dapplication de la Convention due à des sources et activités terrestres, et encouragent la formation du personnel chargé de prévenir, réduire et combattre la pollution.
Article XII Établissement de rapports
Article XIII Mécanismes institutionnels
Article XIV Comité consultatif, scientifique et technique
Article XV Réunions des Parties contractantes
Article XVI Financement
Article XVII Adoption et entrée en vigueur de nouvelles annexes et d'amendements aux annexes
Article XVIII Ratification, acceptation, approbation et adhésion
Article XIX Signature
Le présent Protocole sera ouvert à la signature par toute Partie à la Convention à Oranjestad (Aruba), le 6 octobre 1999, et à Santa Fé de Bogotá (Colombie), du 7 octobre 1999 au 6 octobre 2000.
EN FOI DE QUOI les soussignés, dûment autorisés par leurs gouvernements respectifs, ont signé le présent Protocole.
FAIT À ORANJESTAD (Aruba), le 6 octobre 1999, en un seul exemplaire, en langues anglaise, espagnole et française, les trois textes faisant également foi.
ANNEX I Catégories de sources, activités et polluants connexes préoccupants
A. Définitions
Aux fins des annexes qui suivent:
- On entend par "source ponctuelle" une source de rejet ou dévacuation de polluants dans lenvironnement, qui est identifiable, circonscrite et distincte, notamment sans que cette liste soit limitative tout conduit, canal, fossé, tunnel, canalisation ou puits, qui est ou peut être à lorigine du dégagement de ces substances;
- On entend par "source diffuse" une source autre quune source ponctuelle, qui libère des polluants dans lenvironnement à loccasion de ruissellements, de précipitations, de dépôts atmosphériques, de drainages, dinfiltrations ou de modifications hydrologiques.
B. Catégories de sources et d'activités ayant des effets dans la zone dapplication de la Convention qui méritent une attention prioritaire
Les Parties contractantes prennent en considération les catégories de sources et d'activités ci-après qui méritent une attention prioritaire, lorsquelles élaborent des plans, programmes et mesures régionaux et, le cas échéant, sous-régionaux, en vue de prévenir, réduire et combattre la pollution dans la zone dapplication de la Convention :
Eaux usées domestiques;
Sources agricoles diffuses;
Industries chimiques;
Industries extractives et minières;
Industries alimentaires;
Production de boissons alcoolisées et de boissons gazeuses;
Raffineries de pétrole;
Industries des papiers et pâtes à papier;
Sucreries et distilleries;
Élevage intensif.
C. Polluants connexes préoccupants
1. Polluants particulièrement préoccupants
Lorsquelles déterminent les seuils deffluents et démission et définissent les méthodes de gestion applicables aux sources et activités visées dans la présente annexe, les Parties contractantes examinent la liste ci-après de polluants jugés préoccupants parce quils présentent des caractéristiques dangereuses ou nocives, en tenant compte des recommandations et autres travaux des organisations internationales compétentes :
- Composés organohalogénés et substances pouvant donner lieu à la formation de ces composés dans le milieu marin;
- Composés organophosphorés et substances pouvant donner lieu à la formation de ces composés dans le milieu marin;
- Composés organostanniques et substances pouvant donner lieu à la formation de ces composés dans le milieu marin;
- Métaux lourds et leurs composés;
- Pétrole brut et hydrocarbures;
- Huiles de vidange;
- Hydrocarbures aromatiques polycycliques;
- Biocides et leurs dérivés;
- Micro-organismes pathogènes;
- Cyanures et fluorures;
- Détergents et autres substances tensioactives non biodégradables;
- Composés azotés et phosphorés;
- Matières synthétiques persistantes et autres matières, notamment les ordures, susceptibles de flotter, dériver, rester en suspension ou se déposer au fond de la mer et de nuire au milieu marin ou dentraver lutilisation légitime de la mer;
- Composés hormonoïdes;
- Substances radioactives;
- Sédiments;
- Toute autre substance ou tout groupe de substances présentant une ou plusieurs des caractéristiques énumérées au paragraphe 2 ci-après.
2. Caractéristiques et autres facteurs à prendre en considération lors de lévaluation dautres polluants préoccupants
Outre les composés ou familles de composés et polluants énumérés au paragraphe 1 ci-dessus, les Parties contractantes devraient évaluer les autres polluants qui peuvent être préoccupants, en tenant compte, le cas échéant, des caractéristiques et facteurs ci-après, à la lumière des recommandations et autres travaux des organisations internationales compétentes :
- Persistance;
- Toxicité ou autres propriétés nocives (par exemple, potentiel cancérigène, mutagène ou tératogène);
- Bioaccumulation;
- Radioactivité;
- Risques d'eutrophisation;
- Répercussions et effets préjudiciables sur la santé;
- Capacité de migration;
- Effets transfrontières;
- Risque de modifications indésirables et irréversibles ou durables de l'écosystème marin;
- Effets préjudiciables sur la faune et la flore marines, et entrave au développement durable des ressources biologiques ou à d'autres utilisations légitimes de la mer;
- Modification du goût ou de l'odeur de produits de la mer destinés à la consommation, ou incidence sur lodeur, la couleur, la transparence ou autres caractéristiques de l'eau de mer.
ANNEX II Facteurs à prendre en considération pour déterminer les méthodes de contrôle des sources deffluents et démissions et les pratiques de gestion
A. En application des dispositions de larticle IV du présent Protocole, les Parties contractantes évaluent les facteurs suivants et en tiennent compte pour déterminer, au niveau sous-régional et régional, les seuils deffluents et démission provenant de sources spécifiques, ainsi que pour définir les méthodes de gestion à appliquer:
- Caractéristiques et composition des déchets
- Type et importance de la source de déchets (par exemple, processus industriels);
- Type et forme des déchets (origine, caractéristiques physiques, chimiques et biologiques, composition moyenne);
- État physique des déchets (solide, liquide, boue, vase);
- Quantité totale (unités rejetées, par exemple, annuellement ou quotidiennement);
- Fréquence des rejets (continue, intermittente, saisonnière, etc.);
- Concentration des principaux éléments contenus dans les déchets produits par les sources ou activités;
- Interaction avec le milieu récepteur.
- Caractéristiques des catégories dactivités ou de sources
- Efficacité des technologies et méthodes de gestion existantes, notamment des techniques et méthodes de gestion locales;
- Âge des installations, le cas échéant;
- Caractéristiques économiques, sociales et culturelles.
- Techniques ou pratiques alternatives de production, ainsi que de traitement et de gestion des déchets
- Recyclage, récupération et réutilisation des déchets, dans toute la mesure du possible;
- Recours à des matières premières moins nocives ou non dangereuses;
- Recours à des activités et produits moins polluants;
- Étude des incidences économiques, sociales et culturelles de ces activités et des produits de substitution;
- Utilisation de techniques et de procédés produisant peu ou pas de déchets;
- Autres méthodes délimination des déchets (par exemple, épandage).
B. Conformément à larticle IV du présent Protocole, chaque Partie contractante doit, au minimum, appliquer les mesures de contrôle des sources deffluents et démissions ainsi que les pratiques de gestion définies dans les annexes qui suivent. Une Partie contractante peut imposer des pratiques de contrôle et de gestion des sources plus strictes. Pour déterminer sil est nécessaire de fixer des seuils plus rigoureux, les Parties contractantes devraient également tenir compte des caractéristiques du site de déversement et du milieu marin récepteur, et notamment de ce qui suit:
- Caractéristiques hydrographiques, météorologiques, géographiques et topographiques des zones côtières;
- Emplacement et nature du site de déversement (émissaire, conduite dévacuation, rigole, etc.) et lien avec les zones vulnérables (zones de baignade, récifs, prairies sous-marines, frayères, zones dalevinage et de pêche, bancs de mollusques et autres zones particulièrement sensibles), ainsi quavec dautres déversements;
- Dilution initiale atteinte au point de déversement dans le milieu marin récepteur;
- Caractéristiques de dispersion (sous leffet des courants, de la marée ou du vent) susceptibles dinfluer sur le transport horizontal et le mélange vertical des eaux;
- Caractéristiques physiques, chimiques, biologiques et écologiques des eaux réceptrices dans la zone de déversement;
- Capacité dassimilation des déversements deaux usées par le milieu marin récepteur.
C. Les Parties contractantes suivent de près les mesures de contrôle des sources et les pratiques de gestion définies dans les annexes qui suivent. Ce faisant, elles gardent à lesprit que:
- Si les seuils fixés en matière deffluents et démissions et les pratiques de gestion définies en application des dispositions de la présente annexe ne permettent pas de ramener les apports de polluants à un niveau acceptable sur le plan de lenvironnement, il peut être nécessaire de revoir ces seuils ou pratiques de gestion;
- Les seuils deffluents et démission et les pratiques de gestion appropriés applicables à une source ou à une activité donnée peuvent changer avec le temps sous leffet du progrès technique, de facteurs économiques et sociaux, ainsi que de lévolution des connaissances scientifiques.
ANNEX III Eaux usées domestiques
A. Définitions
Aux fins de la présente annexe:
- On entend par "eaux usées domestiques" tout déversement provenant des ménages, des installations commerciales, des hôtels, des fosses daisance, ou de toute autre source, et notamment les déversements suivants:
- eaux vannes (eaux noires);
- eaux de toilette, de lavages divers, de vaisselle et de lessive (eaux grises); ou
- eaux déversées par de petites industries, dont la composition et la concentration permettent le traitement par un système dassainissement des eaux usées domestiques.
Les eaux usées domestiques peuvent aussi contenir de petites quantités de rejets industriels et deaux usées prétraitées (voir section D Prétraitement industriel).
- On entend par "eaux de la classe I" les eaux de la zone dapplication de la Convention qui, en raison de leur caractère intrinsèque ou unique, de leur vulnérabilité sur les plans écologique et biologique, ou de lutilisation quen fait lhomme, sont particulièrement sensibles aux effets des eaux usées domestiques. Les eaux visées comprennent, sans que cette liste soit limitative :
- celles qui contiennent des récifs coralliens, des prairies sous-marines, ou des mangroves;
- les zones de reproduction, nurserie et nourrissage présentant une importance critique pour la faune terrestre et aquatique;
- les zones qui constituent lhabitat des espèces protégées dans le cadre du Protocole relatif aux zones et à la vie sauvage spécialement protégées (Protocole SPAW), se rapportant à la Convention;
- les zones protégées énumérées dans le Protocole SPAW;
- les eaux utilisées à des fins récréatives.
On entend par "eaux de la classe II" les eaux de la zone dapplication de la Convention autres que les eaux de la classe I qui, pour des raisons dordre océanographique, hydrologique, climatique ou autres, sont moins vulnérables aux effets des eaux usées domestiques et sont situées de telle façon que ni lhomme ni les ressources biologiques ne sont exposés aux effets préjudicables des déversements.
On entend par "système existant dassainissement des eaux usées domestiques" un système de collecte, ou de collecte et de traitement, des eaux usées domestiques, public ou privé, construit avant lentrée en vigueur de la présente annexe pour chaque Partie contractante.
On entend par "nouveau système dassainissement des eaux usées domestiques" un système de collecte, ou de collecte et de traitement, des eaux usées domestiques, public ou privé, construit après lentrée en vigueur de la présente annexe pour chaque Partie contractante, ainsi quun système existant qui aura fait lobjet de modifications substantielles une fois cette annexe entrée en vigueur.
On entend par "installation ménagère" un système délimination sur place des eaux usées domestiques, qui dessert un logement ou une petite entreprise dans les zones à faible densité de population, ou dans celles où il est impossible de centraliser la collecte et le traitement des eaux usées domestiques pour des raisons économiques ou techniques. Il peut sagir de fosses septiques, de drains filtrants, enterrés ou non, de fosses daisance, de latrines ou de toilettes biologiques, cette liste nétant pas limitative.
On entend par "système de collecte des eaux usées" tout système de collecte ou de transport conçu pour recueillir ou acheminer les eaux usées domestiques provenant de sources multiples.
B. Déversement des eaux usées domestiques
- Chaque Partie contractante doit:
- conformément aux dispositions de la présente annexe, réglementer les déversements deaux usées domestiques qui se produisent dans la zone de la Convention ou qui y ont des effets préjudiciables;
- dans la mesure du possible, choisir lemplacement des installations de traitement des eaux usées domestiques, les concevoir et les construire, de façon à minimiser les effets préjudiciables de ces déversements sur les eaux de la classe I;
- encourager et faciliter la réutilisation des eaux usées domestiques de façon à minimiser ou éliminer les déversements qui se produisent dans la zone dapplication de la Convention ou qui y ont des effets préjudiciables;
- encourager lutilisation de techniques plus propres de façon à réduire au minimum les déversements ou déviter que la zone dapplication de la Convention ne subisse deffets préjudiciables;
- élaborer des plans visant à satisfaire aux obligations contenues dans la présente annexe, en vue également dobtenir, le cas échéant, une assistance financière.
Chaque Partie contractante pourra utiliser toute technologie ou approche quelle juge appropriée pour satisfaire aux obligations énoncées dans la partie C de la présente annexe.
C. Seuils deffluents
Chaque Partie contractante sassure que les eaux usées domestiques rejetées dans la zone dapplication de la Convention, ou qui y ont des effets préjudiciables, sont traitées au moyen de systèmes dassainissement des eaux usées domestiques, existants ou nouveaux, dont les effluents ne dépassent pas les seuils spécifiés aux paragraphes 1, 2 et 3 de la présente partie, et ce, suivant le calendrier ci-après.
| Catégories | Délais de réalisation après lentrée en vigueur du Protocole pour la Partie contractante (en nombre dannées) | Types de sources deffluents |
1 |
0 |
Tous nouveaux systèmes dassainissement des eaux usées domestiques |
2 |
10 |
Systèmes dassainissement des eaux usées domestiques existants, autres que ceux des collectivités locales |
3 |
10* |
Communautés comptant entre 10 000 et 50 000 habitants |
4 |
15 |
Communautés comptant plus de 50 000 habitants, déjà équipées de systèmes de collecte des eaux usées |
5 |
20 |
Communautés comptant plus de 50 000 habitants, non équipées de systèmes de collecte des eaux usées |
6 |
20 |
Toutes les autres communautés, exception faite de celles qui utilisent exclusivement des installations ménagères |
| * Les Parties contractantes qui décident daccorder un rang de priorité plus élevé aux catégories 4 et 5 peuvent reporter à 20 ans les obligations relevant de la catégorie 3 (délai de la catégorie 6). | ||
1. Déversements dans les eaux de la classe II
Chaque Partie contractante sassure que les eaux usées domestiques rejetées dans les eaux de la classe II ou qui y ont des effets préjudiciables, sont traitées au moyen dun système dassainissement des eaux usées domestiques, existant ou nouveau, dont les effluents ne dépassent pas les seuils spécifiés ci-après, calculés sur la base dune moyenne mensuelle.
| Paramètres | Valeurs seuils |
| Matières en suspension totales (MEST) | 150 mg/l* |
| Demande biochimique en oxygène (DBO5) | 150 mg/l |
| pH | 5-10 unités pH |
| Graisses, huiles et lubrifiants | 50 mg/l |
| Corps flottants | Invisibles |
| * Á lexclusion des algues provenant des lagunes de traitement | |
2. Déversements dans les eaux de la classe I
Chaque Partie contractante sassure que les eaux usées domestiques rejetées dans les eaux de la classe I, ou qui y ont des effets préjudiciables, sont traitées au moyen dun système dassainissement des eaux usées domestiques, existant ou nouveau, dont les effluents ne dépassent pas les seuils spécifiés ci-après, calculés sur la base dune moyenne mensuelle.
| Paramètres | Valeurs seuils |
| Matières en suspension totales (MEST) | 30 mg/l* |
| Demande biochimique en oxygène (DBO5) | 30 mg/l |
| pH | 5-10 unités pH |
| Graisses, huiles et lubrifiants | 15 mg/l |
| Coliformes fécaux (Les Parties peuvent choisir les seuils deffluents applicables, soit en coliformes fécaux, soit en E. coli (eau douce) ou en entérocoques (eau salée). |
Coliformes fécaux: 200 npp/100 ml ou a) E. coli : 126 ind./100 ml b) entérocoques: 35 ind./100 ml |
| Objets flottants | Invisibles |
| * A lexclusion des algues provenant des lagunes de traitement | |
3. Tous les déversements
Chaque Partie contractante tient compte des effets préjudiciables que la quantité totale dazote, de phosphore et de composés azotés et phosphorés peut avoir sur lenvironnement dans la zone dapplication de la Convention et prend, autant que faire se peut, les mesures nécessaires en vue de contrôler ou de réduire la quantité totale dazote et de phosphore qui est déversée dans la zone dapplication de la Convention ou peut y produire des effets préjudiciables.
Chaque Partie contractante fait en sorte que le chlore résiduel, en concentration ou en charge, issu du traitement des eaux usées domestiques ne soit pas toxique pour les organismes marins, sédentaires ou non, dans la zone de la Convention.
D. Prétraitement industriel
Chaque Partie contractante doit sefforcer délaborer et de mettre en oeuvre des programmes de prétraitement des effluents industriels, dans la limite de ses moyens économiques, de telle sorte que ses déversements dans le système de traitement des eaux usées domestiques, existants ou nouveaux, satisfassent aux critères suivants:
- ils ninterfèrent pas avec les systèmes de collecte et de traitement des eaux usées domestiques ni ne les endommagent à tel point que les seuils deffluents spécifiés dans la présente annexe ne puissent pas être respectés;
- ils nexposent ni les systèmes de collecte et de traitement, ni les populations vivant à proximité de ces systèmes, à des substances toxiques et dangereuses;
- ils ne contaminent pas les boues ou autres produits réutilisables issus du traitement des eaux usées;
- ils ne rejettent pas de polluants toxiques en quantités telles quils présenteraient un danger pour la santé publique et pour la vie aquatique.
Chaque Partie contractante doit sassurer de la mise en place de programmes de prétraitement industriel qui comprennent des plans durgence et de confinement des pollutions accidentelles.
Dans la limite de ses moyens, chaque Partie contractante encourage une gestion appropriée des eaux usées industrielles (par exemple, emploi de systèmes de recyclage et de circuit fermé) pour éliminer ou minimiser les déversements dans les systèmes dassainissement des eaux usées domestiques.
E. Installations ménagères
Dans les zones qui ne disposent pas de systèmes de collecte des eaux usées, chaque Partie contractante met tout en oeuvre pour que, dans les meilleurs délais et dans la mesure où cela reste économiquement et techniquement faisable, les installations ménagères soient construites, exploitées et entretenues de façon à éviter toute contamination des eaux de surface ou souterraines, qui risquerait de porter préjudice à la zone dapplication de la Convention.
Pour celles des installations ménagères qui nécessitent dêtre vidangées, chaque Partie contractante sassure par tous les moyens que les boues septiques sont traitées par un système dassainissement des eaux usées domestiques ou un système dépandage approprié.
F. Gestion, fonctionnement et entretien
Chaque Partie contractante veille à ce que les systèmes dassainissement des eaux usées domestiques, nouveaux et existants, soient bien gérés et que leurs responsables élaborent et appliquent des programmes de formation pour le personnel chargé des systèmes de collecte et de traitement. Les responsables et les opérateurs doivent disposer des manuels de fonctionnement et recevoir lappui technique nécessaire à la bonne marche du système.
Chaque Partie contractante fait procéder à une évaluation des systèmes dassainissement des eaux usées domestiques par les autorités nationales compétentes, pour sassurer quils sont conformes à la réglementation du pays.
G. Période de prolongation
- Toute Partie contractante peut, deux ans au moins avant lentrée en vigueur dune obligation relevant des catégories 2, 3, 4 et 5 définies au calendrier contenu dans la partie C, déclarer à lOrganisation que, pour une catégorie donnée, elle est dans limpossibilité de respecter les seuils deffluents fixés aux paragraphes 1 et 2 de la partie C dans les délais prévus, étant entendu que cette Partie contractante a :
- élaboré des plans daction conformément aux dispositions de lalinéa (e) du paragraphe 1 de la partie B;
- respecté les seuils fixés pour certains des effluents relevant de ces catégories, ou réduit dau moins 5 % la charge de polluants totale associée à ces catégories;
- pris des mesures en vue de respecter ces seuils, sans pouvoir atteindre ses objectifs faute de moyens, financiers ou autres.
Sagissant dune Partie contractante qui a présenté une déclaration conformément au paragraphe 1 ci-dessus, le délai de réalisation prévu au calendrier contenu dans la partie C pour les catégories 2, 3, 4 et 5 dudit calendrier sera prorogé de cinq ans. Ce délai pourra être prolongé une seule fois dune nouvelle période de cinq ans si la Partie contractante présente une nouvelle déclaration avant lexpiration de la première période, et si elle continue de satisfaire aux conditions énoncées au paragraphe 1 ci-dessus.
Les Parties contractantes conviennent quelles ne pourront sacquitter pleinement de leurs obligations au titre de la présente annexe que si elles disposent des ressources financières nécessaires ou peuvent se les procurer.
ANNEX IV Sources de pollution agricoles diffuses
A. Définitions
Aux fins de la présente annexe:
On entend par « source de pollution agricole diffuse » une source de pollution non ponctuelle, qui a son origine dans les cultures ou dans l'élevage d'animaux domestiques, exception faite des entreprises agricoles pratiquant un élevage intensif qui sont définies comme des sources ponctuelles;
On entend par « meilleures pratiques de gestion » des mesures structurelles et non structurelles, réalistes et peu coûteuses, conçues pour prévenir, réduire ou contrôler les écoulements de polluants dans la zone dapplication de la Convention.
B. Plans pour la prévention, la réduction et le contrôle des sources de pollution agricoles diffuses
Chaque Partie contractante met au point, dans un délai maximum de cinq ans après lentrée en vigueur de la présente annexe en ce qui la concerne, des politiques, des plans et des mécanismes juridiques visant à prévenir, réduire et combattre la pollution de la zone dapplication de la Convention due à des sources agricoles diffuses, qui peut avoir des effets préjudiciables dans ladite zone. Dans le cadre de ces plans, politiques et mécanismes juridiques, des programmes doivent être établis en vue datténuer les effets de la pollution de la zone dapplication de la Convention due à des sources agricoles diffuses, en particulier lorsque ces sources contiennent des éléments nutritifs (azote et phosphore), des pesticides, des sédiments, des agents pathogènes, des déchets solides ou tout autre polluant susceptible davoir des effets préjudiciables dans cette zone. Les plans doivent notamment comprendre les éléments suivants :
- Une évaluation qualitative et quantitative des sources de pollution agricoles diffuses pouvant avoir des effets préjudiciables dans la zone dapplication de la Convention et, en particulier:
- lestimation des charges qui peuvent avoir des effets préjudiciables dans la zone dapplication de la Convention;
- lidentification des incidences environnementales connexes et du risque pour la santé des populations;
- lévaluation du cadre administratif existant pour la gestion des sources de pollution agricoles diffuses;
- lévaluation des meilleures pratiques de gestion existantes et de leur efficacité;
- la mise en place de programmes de suivi.
- Des programmes déducation, de formation et de sensibilisation qui peuvent comporter les volets suivants:
- lélaboration et la mise en oeuvre de programmes visant à sensibiliser le secteur agricole et le grand public à la question des sources de pollution agricoles diffuses et de leurs effets sur le milieu marin, la santé publique et léconomie;
- lélaboration et la mise en oeuvre de programmes déducation à tous les niveaux, concernant limportance du milieu marin et les répercussions de la pollution due à des activités agricoles;
- lélaboration et la mise en oeuvre de programmes de formation à lintention des organismes gouvernementaux et du secteur agricole concernant lapplication des meilleures pratiques de gestion, notamment la mise au point dinstructions destinées aux travailleurs agricoles au sujet des meilleures pratiques de gestion structurelles et non structurelles, en vue de prévenir, réduire et combattre la pollution du milieu marin due à des sources de pollution agricoles diffuses;
- lélaboration de programmes visant à favoriser des transferts de technologies et des échanges dinformation effectifs.
- Lélaboration et la promotion de programmes visant à répandre lutilisation des meilleures pratiques de gestion par des mesures dincitation économique et autres mesures dencouragement, afin de prévenir, réduire et combattre la pollution de la zone dapplication de la Convention due à des sources agricoles diffuses.
- Lévaluation et lanalyse des mesures législatives et gouvernementales, notamment en vue de déterminer si les politiques, plans et mécanismes juridiques conçus pour gérer les sources agricoles diffuses sont adéquats, et lélaboration dun plan visant à introduire les modifications qui peuvent être nécessaires pour appliquer les meilleures pratiques de gestion.
C. Établissement de rapports
Chaque Partie contractante fait rapport sur ses plans de prévention, de réduction et de contrôle de la pollution de la zone dapplication de la Convention due à des sources agricoles diffuses, conformément à larticle XII du présent Protocole.
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