| Programme des Nations Unies pour l'environnement Programme pour l'environnement de Caribes Rapport technique du PEC No. 41 1998 |
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| Meilleures méthodes de
gestion pour les sources agricoles non ponctuelles de pollution Rapport dans le format Word | Anglais | Espagnol |
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SECTION 3. SOURCES AGRICOLES NON PONCTUELLES DE POLLUTION
3.1 Introduction
La pollution en provenance de source ponctuelle concerne toute pollution en provenance dun dispositif confiné et discret, tel quune conduite, un fossé, un canal, un tunnel, un puits, une fissure, un récipient, du matériel roulant, une usine daliment concentré pour animaux, un bateau ou tout autre bâtiment flottant (PNUE, 1996). Dans la Région des Caraïbes, entre autres exemples de pollution en provenance de sources ponctuelles, il y a les effluents des égouts, les décharges industrielles (ex : décharges des raffineries ou des usines pétrochimiques) et les égouts de décharges municipaux pour les eaux de pluies.
En revanche, la pollution en provenance de sources non ponctuelles est plus difficile à reconnaître que la pollution en provenance de sources ponctuelles. La pollution en provenance de sources non ponctuelles provient de sources qui ne sont pas confinées ou axées et inclut les écoulements agricoles, lécoulement des eaux dégouts ou les infiltrations et les dépôts atmosphériques (PNUE, 1996). Les polluants sont transportés hors des terres par des eaux de surface ou par des écoulements deaux souterraines.
Les sources non ponctuelles de pollution proviennent dun vaste groupe dactivités humaines. Les principales caractéristiques des sources non ponctuelles de pollution sont les suivantes (Ongley, 1996) :
Elles répondent aux conditions hydrologiques.
Elles ne sont pas aisément mesurées ou contrôlées directement (et sont donc difficiles à réguler).
Elles sont principalement sur les terres et sont liées aux méthodes de gestion.
Les effets des sources non ponctuelles de pollution peuvent être tout aussi néfastes que les effets des sources ponctuelles de pollution sur les environnements côtier et marin, à cause de la nature des écoulements qui sont souvent continus et de limperceptibilité initiale de certains des polluants.
Une source majeure de pollution non ponctuelle est les écoulements en provenance de secteurs agricoles. Les eaux de pluie ou dirrigation, qui finissent par sécouler sur les terres dans les eaux de surface, et que lon appelle couramment les écoulements, peuvent transporter des polluants, en provenance des terres agricoles, dans les eaux réceptrices. Les problèmes environnementaux, liés aux sources agricoles non ponctuelles de pollution sont, entre autres, les suivants :
Réduction de la diversité biologique
Disparition des récifs coralliens, des ressources halieutiques et des lits de salicorne herbacée
Contamination bactérienne
Augmentation de la turbidité
Epanouissement des algues
Envasement
Augmentation des coûts réparateurs
Parmi les polluants qui peuvent affecter les eaux souterraines et de surface se trouvent les sédiments, les substances nutritives, les pesticides, les pathogènes et les déchets solides. Ces polluants sont enlevés durant les pluies ou les irrigations et transportés dans les cours deaux, les rivières et les marais du littoral. En outre, les techniques de cultures agricoles et délevage du bétail peuvent accélérer lérosion des terres, entraînant laugmentation de la sédimentation et de la turbidité dans les masses deau et la diminution de la productivité des sols. Ces polluants sont examinés dans la section 3.3.
Les problèmes liés à laltération de lenvironnement (ex : fossés, drainage, les recépées) pour promouvoir les techniques agricoles sont aussi une menace pour lenvironnement côtier de la Région des Caraïbes. Les forêts sont souvent considérées comme une ressource pouvant se distendre et qui peut être sacrifiée pour faire place au développement agricole. Les pressions qui sont exercées pour accroître les zones de cultures ont nécessité des arrachages sur de plus en plus de terres, ce qui a alternativement eu pour résultat limplantation de parcelles agricoles sur des terrains à fortes pentes, qui sont prédisposés à lérosion (ACE et FRI, 1991). La déforestation se produit dans toute la Région des Caraïbes, pour obtenir plus de terres pour lagriculture Tableau 3-1). Ce phénomène peut avoir de sérieuses implications, y compris la diminution de la productivité agricole, suite à la perte et à la dégradation des sols. Plus de deux millions dhectares de forêts tropicales sont détruits annuellement dans les Caraïbes, mais seulement 70000 hectares sont replantés (PNUE, 1991). Les facteurs importants qui ont tendance à accélérer ce phénomène sont la pauvreté, le manque daccès à dautres sources de revenu, une gestion des terres inadéquate, des régimes fonciers fragiles, linsuffisance daccès à des technologies appropriées aux cultures dans des conditions écologiques fragiles et une structure partiale de rémunérations stimulantes qui encouragent des monocultures qui épuisent la terre (Gouvernement de Belize, 1996). Parmi les problèmes additionnels, résultants darrachages sans régulations pour les cultures et des pâturages incontrôlés du bétail, se trouvent :
Lépuisement des sols
Disparition des marais
Réduction des flux de base des rivières
Augmentation des inondations soudaines
3.2 Sources de pollution agricole non ponctuelle
Les sections suivantes procurent une vue densemble de la production des cultures et de lélevage du bétail dans la Région des Caraïbes et des sources non ponctuelles de pollution qui peuvent être attribuées aux techniques associées à chacune.
3.2.1. Cultures
Durant ces dernières 15 à 25 années, des changements majeurs ont eu lieu dans lagriculture des Caraïbes (DeGeorges, 1990). Une mauvaise gestion de lutilisation des terres est prévalante lorsque lon considère lagriculture et le développement. Ces deux dernières décennies, de très bonnes et très productives terres agricoles dans de nombreux pays de la Région des Caraïbes ont été remplacées pour des affectations tendant à produire un meilleur profit économique. En même temps, lagriculture a été renvoyée dans des zones moins adaptées aux cultures, nécessitant des apports additionnels, tels que des engrais et des pesticides pour accroître la productivité générale. Le tableau 3-2 présente un résumé de la surface totale des terres utilisées pour la production agricole dans la Région des Caraïbes et de les quantités dengrais et de pesticides appliquées sur ces terres.
Les cultures varient généralement en fonction des sols, de la topographie ou des capacités techniques du pays dans lequel elles poussent, entraînant un vaste ensemble de problèmes environnementaux auxquels il faut faire face. Par exemple, sur certaines îles, la production de bananes est prédominante et la pollution due aux pesticides, herbicides, détergents et autres polluants accéde à la mer par les rivières et les cours deau (Archer, 1987). La production de cannes à sucre génère des déchets qui contiennent de fortes concentrations en DOB (Demande en oxygène biologique). Il est reconnu que de fortes concentrations en DOB nuisent aux viviers qui se trouvent dans les systèmes de marais des littoraux.
Tableau 3-1. Pourcentage de déforestation dans les pays et territoires de la Région des Caraïbes
Pays/Territoires |
Déforestation |
|
% de forêts par rapport à la surface totale des terres (1990) |
% annuel daltération des surfaces de forêts (1981 1990) |
|
| Anguilla | ND |
ND |
Antigua/Barbuda |
16.0 |
0.0 |
Aruba |
0.0 |
--- |
Bahamas |
32.0 |
(1.9) |
Belize |
0.0 |
--- |
Iles vierges britanniques |
7.0 |
ND |
Iles Caïmans |
23.0 |
ND |
Colombie |
49.0 |
(0.6) |
Costa Rica |
34.0 |
(2.6) |
Cuba |
17.0 |
(0.9) |
Dominique |
41.0 |
(0.6) |
République dominicaine |
13.0 |
(2.5) |
Guyane française |
82.0 |
0.0 |
Grenade |
9.0 |
5.0 |
Guadeloupe |
40.0 |
ND |
Guatemala |
40.0 |
(1.6) |
Guyane |
83.0 |
(0.1) |
Haïti |
4.0 |
(3.9) |
Honduras |
34.0 |
(2.0) |
Jamaïque |
28.0 |
(5.3) |
Martinique |
26.0 |
ND |
Mexique |
24.0 |
(1.2) |
Montserrat |
40.0 |
ND |
Antilles néerlandaises. |
0.0 |
--- |
Nicaragua |
35.0 |
(1.7) |
Panama |
54.0 |
(1.7) |
Puerto Rico |
21.0 |
1.5 |
St. Kitts/ Nevis |
17.0 |
0.0 |
Ste Lucie |
13.0 |
(3.8) |
St Vincent / les Grenadines |
41.0 |
(2.1) |
Suriname |
97.0 |
(0.1) |
Trinité et Tobago |
44.0 |
(1.9) |
Iles Turques et Caïques |
0.0 |
ND |
Etats Unis |
31.4 |
(2.5) |
Iles vierges américaines |
6.0 |
ND |
Venezuela |
390 |
(1.2) |
ND : Information non disponible
( ) : Indique une perte
--- : nul ou non existant
Source : Hoagland et al., 1995.
Les sections suivantes décrivent certains modes de cultures utilisés dans la Région des Caraïbes. En tant quexemple de questions généralement inhérentes aux plantations, les cultures de bananes sont examinées dans le détail. Dautres types de cultures sont subséquemment étudiés dune façon plus sommaire.
3.2.1.1 Bananes
La culture des bananes en Amérique tropicale et dans les Caraïbes est dune importance particulière, non seulement à cause de leur contribution cruciale au régime régional, mais aussi par rapport aux bénéfices économiques résultant des activités de production commerciale. La production commerciale contribue au produit national brut, à la constitution de création demplois et à la production de devises étrangères et de rentrées fiscales (Jaramillo, 1986).
Les modes de cultures des plantations commerciales consistent généralement à labourer la terre avec une charrue à disques puis à la herser. Cette technique est aussi mise en pratique par de petites fermes qui ont accès à des outils mécaniques. Les petites exploitations qui ne sont pas mécanisées plantent habituellement des boutures dans des trous creusés à la main sur des terrains plats. Les préparatifs manuels de la terre sont la technique la plus courante sur des terrains très escarpés, pour les petites et grandes exploitations (Gumbs, 1993).
La culture des bananes est une culture de subsistance ne nécessitant que de faibles investissements et qui génère des revenus de haute productivité. Pour cette raison, on trouve des cultures sur les sols les plus riches ainsi que sur les terrains les plus marginaux, avec de forts impacts dans les deux cas. Lérosion peut être importante car les racines ne stabilisent pas beaucoup les sols (ACE et FRI, 1991). Durant les pluies, lérosion sur les plantations de bananes peut être substantielle et les sols sont souvent entraînés par les eaux sur les zones côtières (DeGeorges, 1990). Les bananes cultivées dans un système de monoculture pour la production commerciale épuisent les substances nutritives du sol dans une si grande quantité que ces substances nutritives ne peuvent pas être remplacées par la minéralisation du sol dorigine ou par la fertilisation naturelle grâce à la décomposition (Hernandez et Witter, 1996).
Tableau 3-2. Utilisation des terres agricoles dans la Région des Caraïbes
| Pays/Territoires | Agriculture |
||||
| % de GDP 1991 | Superficie des terres utilisées | Investissements annuels pour lagriculture | |||
| Superficie totale des terres (km2) | % de terres cultivées | Engrais (kg/ha) | Pesticides (tonnes) | ||
| Anguilla | ND |
91 |
ND |
ND |
ND |
Antigua/Barbuda |
4.0 |
440 |
0.0 |
--- |
ND |
Aruba |
ND |
193 |
0.0 |
--- |
ND |
Bahamas |
9.0 |
10,070 |
0.0 |
--- |
ND |
Barbade |
5.0 |
430 |
0.0 |
162 |
ND |
Belize |
23.0 |
22,800 |
2.5 |
89 |
17.8 |
Iles vierges britanniques |
ND |
150 |
7.0 |
ND |
ND |
Iles Caïmans |
ND |
260 |
0.0 |
ND |
ND |
Colombie |
17.0 |
1,036,700 |
5.2 |
104 |
7,000 |
Costa Rica |
16.0 |
50,660 |
10.4 |
212 |
3,667 |
Cuba |
16.0 |
110,860 |
30.3 |
158 |
ND |
Dominique |
21.0 |
750 |
13.0 |
ND |
ND |
République dominicaine |
15.0 |
48,380 |
29.9 |
60 |
3,297 |
Guyane française |
ND |
89,150 |
--- |
ND |
ND |
Grenade |
15.0 |
340 |
26.0 |
ND |
ND |
Guadeloupe |
10.1 |
1,760 |
5.0 |
ND |
ND |
Guatemala |
26.0 |
106,430 |
17.4 |
71 |
5,100 |
Guyane |
22.0 |
198,850 |
2.5 |
30 |
658 |
Haïti |
34.0 |
27,560 |
32.8 |
3 |
ND |
Honduras |
23.0 |
111,890 |
16.3 |
14 |
3,400 |
Jamaïque |
5.0 |
10,830 |
24.9 |
94 |
1,420 |
Martinique |
8.1 |
1,100 |
8.0 |
ND |
ND |
Mexique |
9.0 |
1,923,040 |
12.9 |
69 |
45,000 |
Montserrat |
ND |
100 |
0.0 |
ND |
ND |
Antilles néer. |
1.0 |
960 |
0.0 |
--- |
2,003 |
Nicaragua |
30.0 |
120,254 |
10.7 |
29 |
ND |
Panama |
11.0 |
75,990 |
8.5 |
50 |
5,000 |
Puerto Rico |
1.4 |
9,104 |
14.3 |
ND |
ND |
St Kitts/ Nevis |
8.0 |
269 |
17.0 |
ND |
ND |
Ste Lucie |
14.0 |
610 |
20.0 |
ND |
ND |
St Vincent / les Grenadines |
19.0 |
340 |
12.0 |
ND |
ND |
Suriname |
10.0 |
161,470 |
4.3 |
20 |
636 |
Trinité et Tobago |
2.0 |
5,130 |
23.4 |
67 |
2,303 |
Turques et Caïques |
ND |
430 |
0.0 |
ND |
ND |
Etats Unis |
2.0 |
9,166,660 |
20.5 |
99 |
4,500 |
Iles vierges américaines |
ND |
352 |
6.0 |
ND |
ND |
Venezuela |
5.0 |
662,050 |
4.4 |
116 |
8,143 |
ND : Information non disponible
( ) : Indique une perte
--- : nul ou non existant
Source : Hoagland et al., 1995.
En fonction des techniques dirrigation et de contrôle de lérosion employées, la production de bananes peut savérer être une source non ponctuelle majeure de pollution marine (Hoagland et al., 1995). Bien que les types de produits chimiques utilisés pour les plantations de bananes soient souvent établis par les gouvernements individuels, les compagnies internationales ont traditionnellement déterminé le volume et les types de produits chimiques utilisés et la fréquence de leurs utilisations (Hernández et Witter, 1996). (Voir Illustration 3-1.). Les pertes sur les terres de ces produits chimiques dépendent de la quantité et de la fréquence des applications, des techniques agronomiques, du type de produit chimique, du type de sol, des pluies, des températures, de la vitesse des vents, de la localisation et des techniques dapplication (Hernández et Witter, 1996). Il y a cependant des pertes considérables lorsque les engrais chimiques sont utilisés en grandes quantités et non fréquemment, car les plantes ne peuvent pas bénéficier de lapplication avant que la plus grande partie soit éliminée ou se dissipe (Hernández, 1997).
Les pesticides sont appliqués de différentes façons, en fonction des espèces dinsectes ciblées. A Costa Rica, un des insecticides fréquemment utilisé est imprégné dans les sacs en plastique utilisés pour recouvrir les racèmes. Dautre par, les fongicides sont pulvérisés dans lair et représentent 12 à 16 pour cent du coût de la production de bananes (Hernández, 1997). Dans de nombreuses îles de lEst des Caraïbes, dénormes quantités de pesticides sont utilisées principalement pour la production de bananes (DeGeorges, 1990); (voir tableau 3-3). Sur les plantations commerciales de Costa Rica, Karrax, Ranger Roundup, Counter, Dipel, Furadan, Mocap, Rubby, Bravo, Dithane et Merthak (noms de marque) font partie des produits chimiques les plus utilisés. Les principaux fongicides sont triazoles, benimidazoles, mancozeb, clorothalonill, morfolinas et agricultura (Hernandez, 1997).
Illustration 3-1. Système de production des bananes
(Cliquez sur l'image)Les exigences pour une production importante dans la culture commerciale des bananes nécessitent lutilisation de grandes quantités de substances nutritives et de pesticides (F.A.O, 1994). La culture des bananes est, dune manière prédominante, un système de monoculture, ce qui accroît encore les besoins de pesticides et dengrais. Les systèmes de monocultures augmentent les sources de nourriture pour les animaux nuisibles (insectes, bactéries et fongus), rendant les cultures vulnérables à linfestation des animaux nuisibles et nécessitant lutilisation de plus de pesticides pour contrôler les maladies et éliminer les organismes néfastes (ACE et FRI, 1991). De plus, les herbicides sont souvent utilisés pour minimiser la végétation rampante autour des bananiers. Les mauvaises herbes sont estimées être un problème dans les plantations de bananes parce quelles rivalisent pour leau, les substances nutritives et la lumière et réduisent ainsi la hauteur et la circonférence des arbres, retardent la maturité et amoindrissent le rendement des cultures. En outre, elles fournissent un habitat pour une variété dinsectes et de virus, nuisibles aux plantations.
Les herbicides fréquemment utilisés pour améliorer la production de banane sont présentés, dune façon générale, dans le tableau 3-4. La durée des traitements et les types de mauvaises herbes à maîtriser varient, ainsi que les effets sur lenvironnement de chaque herbicide. Par exemple, Paraquat peut être très toxique pour les humains. Ametryn, diuron et simazine restent dans les sols pour éviter la pousse de mauvaises herbes. Ce séjour prolongé dans les sols, associés à lérosion des terres, aboutit à ce que ces pesticides pénètrent dans les eaux de surface.
Tableau 3-3. Pesticides utilisés dans la production des bananes sur les îles de lEst des Caraïbes
Iles |
Utilisation annuelle de pesticides (kg) |
Grenade |
102 040 (1988) |
St Vincent |
412 127 (1988) |
Ste Lucie |
345 083 (janvier - octobre, 1989) |
Dominique |
1 066 233 (1988) |
Source : DeGeorges, 1990.
3.2.1.2 Autres cultures importantes
Canne à sucre.
La canne à sucre est aussi une culture prédominante dans la Région des Caraïbes. La Barbade, St Kitts et la République dominicaine ont traditionnellement dépendu de la canne à sucre comme une base économique, bien que de nombreux autres pays produisent aussi de la canne à sucre (voir tableau 2-5).La production de la canne à sucre sest développée durant de nombreux siècles. Bien que ce soit principalement une culture industrielle qui requiert beaucoup dinvestissement, de petites entreprises familiales et des sucreries qui utilisent des techniques dextraction élémentaires subsistent dans de nombreux secteurs ruraux de la Région des Caraïbes. Sur des îles telles que la Barbade et St Kitts, la coupe à la main traditionnelle a été remplacée par une mécanisation à grande échelle. Un changement dans la gestion des terres en a découlé. Pour sadapter à de grands équipements, les champs sont agrandis et de nombreuses techniques traditionnelles qui auraient minimisé la perte des sols ont été abandonnées (DeGeorges, 1990).
Tableau 3-4. Herbicides utilisés dans la production des bananes
Herbicides |
Dose (kg/ ha) |
Traitement |
Mauvaises herbes contrôlées |
Ametryn |
2,55,0 |
Avant ou juste après les récoltes |
Germination ou petits plants dherbes annuelles et de mauvaises herbes à feuilles larges. |
Dalapon |
4,0-11,0 |
Après les récoltes |
Herbes annuelles et vivaces en pleine croissance. |
Diuron |
1,64,0 |
Avant les récoltes |
Germination dherbes annuelles et de mauvaises herbes à feuilles larges. |
Glufosinate |
0,81,6 |
Après les récoltes |
Jeunes plants dherbes annuelles et vivaces en pleine croissance et mauvaises herbes annuelles à feuilles larges. |
Glyphosate |
1,03,0 |
Après les récoltes |
Herbes annuelles et vivaces en pleine croissance. |
Paraquat |
0,51,0 |
Après les récoltes |
Herbes annuelles sorties et mauvaises herbes à feuilles larges. |
Simazine |
2,06,0 |
Avant les récoltes |
Germination de mauvaises herbes annuelles à feuilles larges. |
Le temps, les maladies, les insectes, la qualité des sols et le type de cultures affectent la production. A cause de la grande quantité de mauvaises herbes dans les champs de cannes à sucre, les sols sont presque toujours labourés. Le labourage avec des charrues à disques et des herses est utilisé comme moyen de désherbage pour tous les types de sols. Cette perturbation des sols peut conduire à des problèmes dérosion des terres dans certaines régions.
Les herbicides sont communément utilisés pour compléter laction du labourage (Tableau 3-5). Les techniques de traitement et les mauvaises herbes à contrôler varient, ainsi que leurs effets respectifs sur lenvironnement. Le désherbant de type hormonal 2,4-D a été utilisé dans les champs de canne à sucre pendant près de 40 ans (F.A.O, 1994). Il a été reconnu que la pulvérisation et les vapeurs du 2,4-D causent des dégâts dans les cultures avoisinantes à feuilles larges, telles que les cultures de coton et de tabacs.
Le coton a pendant longtemps été considéré comme lun des principaux éléments contribuant à lérosion des sols sur les terrains en pente. Il pousse lentement au début de lété et ne protège que faiblement les plans des impacts de la pluies et de lérosion des sols. Ses racines se trouvent près de la surface du sol pendant les 42 premiers jours de son cycle et sa culture augmente les potentiels dérosion des sols. En outre, le coton ne fournit que peu de résidus qui peuvent retourner dans le sol ou rester sur la surface pour le protéger des effets de lérosion (York et al., 1993).
La plupart des insecticides utilisés en Amérique Latine le sont pour la culture du coton, à un taux moyen de 6 kg par hectare (Altieri, 1991). Dans les régions dAmérique Centrale où le coton est cultivé, les quantités dinsecticides utilisées ont atteint 80 kg par hectares (CDEALC, 1990).
Tableau 3-5. Herbicides utilisés dans la production de la canne à sucre
Herbicides |
Doses |
Traitement |
Commentaires |
Ametryne |
1,62,4 |
Après les récoltes |
Contrôle annuel des mauvaises herbes. |
Asulam |
2,83,6 |
Après les récoltes |
Pour le contrôle des herbes annuelles et vivaces, habituellement pulvérisé sur des mauvaises herbes dune hauteur de 20 à 25 cm. Nest pas efficace pour le contrôle de Panicum maximum. |
Atrazine |
2,44,0 |
Avant les récoltes |
Contrôle des herbes annuelles. Nest pas efficace contre certaines espèces de mauvaises herbes (Rottboellia cochinchinensis). |
Dalapon |
8,010,0 |
Après les récoltes |
Nest pas sélectif pour la canne à sucre. Utilisé en pulvérisation directe sur les mauvaises herbes, principalement pour le contrôle de P.maximum. |
Diuron |
2,44,0 |
Avant les récoltes |
Contrôle annuel des mauvaises herbes. |
Glyphosate |
2,03,0 |
Après les récoltes |
Nest pas sélectif pour la canne à sucre. Utilisé de la même façon que Dalapon ou comme traitement sur les petites mauvaises herbes qui émergent. Principalement pour le contrôle des mauvaises herbes vivaces. |
Imazapyr |
0,150,20 |
Avant les récoltes |
Pour le contrôle des herbes, mauvaises herbes à feuilles larges et des carex. |
Pendimethalin |
0,61,0 |
Avant les récoltes |
Communément utilisé mélangé avec diuron ou atrazine pour un meilleur contrôle des R. cochinchinensis. |
Simazine |
2,44,0 |
Avant les récoltes |
Contrôle annuel des mauvaises herbes, nest pas efficace contre certaines espèces de mauvaises herbes (R. cochinchinensis). |
Terbumeton |
4,05,0 |
Avant les récoltes |
Contrôle annuel des mauvaises herbes. |
Trifluralin |
1,52,0 |
Des herbes annuelles et certaines herbes vivaces, telles que Sorghum halepense. Le meilleur contrôle est obtenu lorsque les rhizomes sont rompus en petits segments. Non sélectif à toutes les cannes à sucre. |
Source : F.A.O, 1994.
Les mauvaises herbes constituent aussi une menace sérieuse pour la production du coton, 30 pour-cent de la production mondiale du coton étant détruite par les effets néfastes des mauvaises herbes (F.A.O, 1994). Si les cultures ne sont pas désherbées régulièrement, les pertes peuvent sélever à 90 pour-cent. Pour obtenir des récoltes de coton plus importantes, il ne doit pas y avoir de mauvaises herbes dans les plantations après lapparition des plants (F.A.O, 1994). Cela nécessite lutilisation dherbicides. Le tableau 3-6 présente certains des herbicides typiques utilisés pour la culture du coton.
3.2.2 Elevage
Lélevage est devenu une des sources principales de pollution et de dégradation de lenvironnement. Les sources non ponctuelles de pollution qui sont associées à lélevage incluent les champs utilisés pour lépandage de fumier et deaux résiduaires (comme engrais), laccumulation de fumier autour des abreuvoirs pour le bétail et lutilisation intermittente des enclos (Sweeten, 1993). Le pâturage du bétail peut avoir une influence sur la qualité de leau des cours deau, des lacs, des systèmes côtiers et des nappes aquifères. Les sources non ponctuelles de pollution potentielle en provenance des pâturages pour le bétail dépendent en partie de la densité danimaux sur ces pâturages, de la durée des périodes de pâture, des taux moyens de quantité de fumier produit, de luniformité de lépandage du fumier par le bétail en pâture et de la disparition du fumier avec le temps (Sweeten, 1993).
Des effets néfastes pour la qualité de leau, dus à une mauvaise gestion du fumier, peuvent résulter du mode délevage. La production du fumier varie en fonction des races, des espèces et des taux dalimentation (Graves, 1992). Parmi les principaux constituants du fumier de bétail pouvant contaminer les eaux souterraines et les eaux de surface, se trouvent les organismes pathogéniques, le nitrate et lammoniaque (Sweeten, 1993). Les animaux en pâture produisent le fumier lorsquils paissent. Le fumier est constitué des déchets fécaux et urinaires du bétail ;
Tableau 3-6. Herbicides utilisés dans la production du coton
Herbicides |
Doses |
Traitement |
Types de mauvaises herbes |
Commentaires |
Alachlor |
1,52,9 |
Avant les récoltes |
Annuelles |
Ne devrait pas être utilisé sur les sols sableux. Nécessite un sol humide pour une meilleure efficacité. |
Alachlor + cyanazine |
0,91,3 + 1,25-1,6 |
Avant les récoltes |
Annuelles |
Ne devrait pas être utilisé sur les sols sableux. |
Alachlor + diuron |
0,9-1,3 + 1,2-1,6 |
Avant les récoltes |
Annuelles |
Ne devrait pas être utilisé sur les sols sableux |
Diuron |
1,0-2,0 |
Avant les récoltes |
Annuelles |
A appliquer sur des sols humides avant lapparition des mauvaises herbes. Ne devrait pas être utilisé sur les sols sableux ou sur des sols avec un faible teneur en matières organiques. Contrôle des mauvaises herbes organiques. |
MSMA + diuron |
1,1-1,4 + 1,2-1,6 |
Avant les récoltes (pulvérisation directe) |
Annuelles et vivaces |
Efficacité accrue avec la pulvérisation dun produit non ionique. Efficacité réduite en cas de pluie dans les six heures après lapplication. |
Pendimethalin |
0,75-1,5 |
Avant les récoltes |
Annuelles |
A appliquer une fois que le sol a été bien préparé. |
Sethozydim |
0,23-0,35 |
Avant les récoltes |
Herbes |
A appliquer au début de lapparition des mauvaises herbes |
Pendimethalin + diuron |
1,25-1,75 + 1,2-1,6 |
Avant les récoltes |
Annuelles |
Ne devrait pas être utilisé sur les sols sableux |
Trifluralin |
0,6-1,9 |
Herbes annuelles |
Devrait être incorporé dans les huit heures de son application. |
Source : F.A.O, 1994.
deau (telle que leau provenant de la salle de traite) et de la pâture, de la litière et du sol avec lesquels ils se mélangent (US/EPA, 1993). Les polluants suivants peuvent être présents dans le fumier et dans les composants de la litière et peuvent être emportés des enclos du bétail par des écoulements et des eaux usées (US/EPA, 1993) :
Substances demandant de loxygène.
Nitrogène, phosphore et de nombreuses autres substances nutritives majeures et mineures ou dautres matières nuisibles.
Matières solides organiques.
Sels.
Bactéries, virus et autres micro-organismes.
Sédiments.
Les pathogènes (bactéries, virus ou tous autres micro-organismes qui peuvent transmettre des maladies) peuvent être transmis aux humains par contacts avec des excréments danimaux. Des écoulements en provenance de prés sur lesquels est déversé du fumier pour servir dengrais, contiendront des taux de bactéries très élevés si le fumier na pas été mélangé avec dautres substances ou si les bactéries nont pas été soumises à des contraintes (US /EPA, 1993). Bien quils ne soient pas la seule source de pathogènes, les excréments danimaux ont été responsables de la contamination de crustacés dans certaines eaux côtières (US /EPA).
Les problèmes proviennent du fait quil y a trop danimaux sur une trop petite surface. Les animaux peuvent se rassembler le long dun cours deau, autour de pâturages et dans les endroits ombragés. Lorsquil y a plus danimaux que la végétation ne peut nourrir, lérosion du sol et un dépôt excessif de fumier sont probables (Graves, 1992).
Les déplacements danimaux sur une surface confinée peuvent affecter la pureté dun cours deau et la diversité biologique des plantes. Des pâturages impropres au bétail ont des conséquences sur les quatre composantes du système hydraulique dans le voisinageles rives/ berges, la colonne hydraulique, le lit de la rivière et la végétation des berges et aquatique. Les effets potentiels du pâturage incluent, entre autres, (US/EPA, 1993) :
Rives/ berges
Les sols des rivages des cours deau sont cisaillés ou embourbés par laction des sabots ou des têtes.
Les sols des rives et des lits des cours deaux qui sont exposés aux éléments parce quils ont perdu leur couverture de végétation subissent lérosion par le vent et leau.
La végétation des rives du cours deau est éliminée ou disparaît.
La qualité et la quantité des affouillements des rives du cours deau sont réduites.
Langle des rives du cours deau est augmenté, ce qui accroît la largeur du cours deau, diminue sa profondeur et modifie ou détruit lhabitat des poissons.
Colonne hydraulique
Retrait des cours deau pour irriguer les pâturages.
Drainage des prairies humides ou rabaissement du niveau hydrostatique pour faciliter laccès aux pâturages.
Présence de polluants (ex: sédiments) dans les eaux qui proviennent des pâturages.
Altérations de la magnitude et du réglage de lénergie organique et inorganique (ex : radiation solaire, débris, substances nutritives) contribuant à la masse deau.
Augmentation de la contamination par matières fécales.
Altérations de la morphologie du cours deau, telles quaugmentation de la largeur du cours deau, ce qui comprend la réduction de la profondeur des eaux des berges du cours deau.
Altérations dans le réglage et la magnitude du flux du cours deau se traduisant par des changements de la couverture de végétation du bassin hydrographique.
Augmentation de la température du cours deau.
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Les animaux en rassemblant au long dun cours deau, pourraient affecter sa
pureté et la
diversité biologique des plantes
(cliquez sur l'image)
Lit
Altérations de la morphologie du lit.
Altérations des processus de transport des sédiments.
Végétation riveraine
Altérations de la composition des espèces de plantes (ex : des arbustes aux forbs en passant par lherbe).
Réduction de la plaine dinondation et de la végétation des berges du cours deau, y compris la végétation suspendue au-dessus ou qui pénètre dans la colonne hydraulique.
Pertes de vigueur des plantes.
Altérations du réglage et des quantités dénergie organique qui quitte la zone riveraine.
Elimination des espèces de plantes riveraines (ex : le rabaissement du niveau hydrostatique permet aux plantes xériques de remplacer les plantes riveraines.).
Dans la Région des Caraïbes, la terre est souvent défrichée pour les exploitations agricoles de subsistance. Cependant, parce que les sols sont généralement peu profonds et de faible fertilité, ces terrains sont souvent abandonnés et les propriétaires de bétail remplacent les petits fermiers. Ce procédé a engendré de grandes surfaces déboisées avec des sols très compactés, organiquement pauvres et peu protégés des pâturages du bétail et des éléments naturels, tels que la pluie et le soleil (PNUE, 1991). Le dépérissement des sols et lérosion dans la Région sont largement occasionnés par ce processus, en conjonction avec une mauvaise gestion des sols.
Lérosion des sols et la dégradation générale des terres, qui résultent des pâturages excessifs du bétail, ont été des problèmes importants dans la Région des Caraïbes (ACE et FRI, 1991). Une pratique courante dans la Région des Caraïbes est de permettre au bétail de déambuler librement après les récoltes annuelles. A la longue, de telles pratiques accélèrent la détérioration des terres, la déforestation, lérosion et le dépouillement des ressources naturelles (ACE et FRI, 1991).
3.3 Les polluants agricoles et leurs origines
Les problèmes environnementaux liés à la production agricole vont des déclins locaux et régionaux de la productivité du sol et de leau (par lérosion, la sédimentation et la pollution chimique) à la destruction de la diversité biologique et la réduction de la diversité génétique (par la déforestation, laltération des habitats et dautres changements) (Altieri, 1991). Lécoulement des produits chimiques agricoles est estimé à plus dun billion de livres par an (PNUE, cité par Diamante et al, 1991). Les activités agricoles affectent aussi les habitats marins par des perturbations physiques qui sont générées par les équipements ou par la gestion de lhydrologie (ex : construction de fossés pour le drainage du sol). Le tableau 3-7 expose la diversité des effets sur la qualité de leau, dus aux activités agricoles.
Les principaux polluants issus de sources agricoles non ponctuelles qui affectent les environnements côtiers et marins sont les sédiments, les substances nutritives, les pathogènes et les déchets solides. Les sections suivantes traitent de ces cinq catégories de polluants. Les méthodes par lesquelles ces polluants sont acheminés des terres agricoles aux ressources hydrauliques de sont présentées dans lillustration 3-2.
Tableau 3-7. Activités agricoles pouvant potentiellement affecter la qualité de leau
Activités agricoles |
Impacts potentiels sur les eaux de surface |
| Labourage/ hersage | Sédiment/turbidité: les sédiments transportent des substances nutritives et des pesticides, absorbés par les particules des sédiments ; Envasement et perte dhabitats, frayère etc. |
| Utilisation dengrais | Source de pollution non ponctuelle, spécialement de substances nutritives qui mènent à leutrophisation, à la croissance excessive dalgues ce qui conduit à la désoxygénation des eaux et à la mort des poissons. |
| Epandage du fumier | Source de pollution non ponctuelle qui contient des pathogènes, des métaux et des substances nutritives, menant à leutrophisation et à une contamination potentielle. |
| Pesticides | Source de pollution non ponctuelle, menant à la contamination des eaux de surface et biota; dérèglement du système écologique dans les eaux de surface par la disparition des principaux prédateurs, due à leur inhibition croissante et aux échecs de la reproduction ; Impacts sur la santé publique si la population mange des poissons contaminés. |
| Irrigation | Les écoulements dengrais et de pesticides dans les eaux de surface, aboutissant à des dégradations écologiques, à laccumulation biologique des espèces de poissons comestibles etc. |
| Défrichage | Lérosion des terres conduit à de hauts niveaux de turbidité, à lenvasement des habitats de fond etc. Le débit hydrologique est perturbé et modifié. |
3.3.1 Sédiments
Erosion. Dans la Région des Caraïbes, la contrainte la plus sérieuse concernant la production agricole est linsuffisance des ressources du sol pour lusage agricole, un problème qui peut être causé par une mauvaise gestion (Gajraj, 1981). Les caractéristiques naturelles spécifiques des sols, les types de végétation qui les recouvrent, lintensité des chutes de pluie, les vents, la topographie et une mauvaise gestion de lutilisation des terres affectent la conservation des sols dans la Région. Des coteaux et des plateaux, prédisposés à lérosion et à la dégradation des terres, constituent approximativement 25 pour-cent de lAmérique Latine (Altieri, 1991). Certaines estimations des effets à long terme de lérosion des sols suggèrent des pertes de 30 pour-cent des terrains potentiellement cultivables et non irrigués en Amérique Centrale. Les zones les plus vulnérables à lérosion sont les Grandes et Petites Antilles, certaines parties des Caraïbes en Amérique du Sud et Trinité et Tobago (Gajraj, 1981).

Illustration 3-2. Chemins par lesquels les sédiments, les
substances nutritives, les pesticides, les pathogènes et les déchets solides sont
emmenés des terres agricoles pour devenir des polluants de leau
(cliquez sur l'image)
Lérosion des sols est un procédé naturel caractérisé par le transport ou le déplacement des particules (sédiments) qui sont détachés par les chutes de pluies, les cours deau ou le vent. Bien que ce soit un processus naturel, les effets néfastes sur les eaux réceptrices augmentent à cause des activités agricoles qui altèrent le paysage et augmentent les taux dérosion. Lérosion des sols peut être causée par une mauvaise utilisation des terres pour les cultures ou les pâturages et par la déforestation (CDEALC, 1990). Les types dérosion des sols liés aux activités agricoles sont les suivants (Illustration 3-3) :
Lérosion par projection, qui se produit lorsque la pluie tombe sur les sols exposés.
Lérosion par couches et ornières, qui déplace principalement des particules de la surface du sol ou des couches de terre labourée. Typiquement, les sédiments à la surface sont plus potentiellement polluant à cause de la teneur plus riche en substances nutritives, de la présence de produits chimiques provenant dapplications antérieures dengrais et de pesticides et de leurs activités naturelles biologiques.
Lérosion par ornières et ravines, qui est une érosion sérieuse où des fossés de plus dun pied de profondeur sont creusés. Généralement, les fossés qui sont trop profonds pour être traversés par les équipements agricoles sont considérés être des ravines (US/EPA, 1994).
Lérosion des cours deau et des lits des rivières, qui se produit à cause des taux et des volumes accrus des écoulements en provenance des terrains utilisés pour lagriculture, sécoulant dans des cours deaux ou des rigoles.

Durant la réunion des experts sur les mesures pour le contrôle de la pollution due aux écoulements agricoles, qui sest tenue à Ste Lucie (22 et 23 janvier 1998), plusieurs causes dérosion et de sédimentation furent identifiées. Parmi celles-ci, se trouvent, en autres, les raisons suivantes :
Plantations sur des terrains très en pente
Déforestation
Défrichage
Mauvaises techniques de labourage
Mauvais calculs des temps de préparation des terres
Tassement des sols par les animaux
Mauvaises méthodes dirrigation et techniques de gestion de leau
Création de rigole et drainage artificiel
Les principaux facteurs qui affectent les taux dérosion des sols incluent lintensité et la fréquence des chutes de pluies, les caractéristiques des sols, les couvertures végétales et les autres surfaces, la topographie (pentes) et le climat (Département de la sauvegarde dUSVI, 1995). Les caractéristiques des sols jouent un rôle primordial ; même des chutes de pluie de faible intensité peuvent susciter lérosion dans des secteurs où les sols sont facilement saturés (PNUE, 1994a). En outre, la topographie, la longueur et lescarpement des pentes influencent lérosion des sols. Les terrains plus en pente sont prônes à lérosion à cause de la vélocité accrue des écoulements, dun transport plus important le long des pentes des sols sur lesquels tombent la pluie et dune plus grande prédisposition aux glissements de terrains (PNUE, 1994a). La perturbation des sols due au retournement des terres (labourage, hersage etc.) ou aux activités du bétail augmente le potentiel dérosion pour tous les types de sols. Généralement, plus la couverture de végétation est dense, moins il y a de risques dérosion.
Turbidité, envasement et sédimentation. Lorsque les sols des terrains agricoles sont érodés et transportés dans les eaux côtières par les écoulements, il en résulte habituellement une turbidité, un envasement et une sédimentation accrus. Dans toute la Région des Caraïbes, la turbidité et lenvasement des eaux côtières augmentent à cause du transport des sols érodés vers la mer. Les éléments de données sur la distribution des sédiments et la turbidité des eaux côtières dans la Région des Caraïbes sont insuffisants pour évaluer la magnitude des effets néfastes des techniques actuelles de lutilisation des terres (PNUE, 1994a). Cependant, il est estimé que les récifs près de lAmérique Centrale et les zones de lest des Caraïbes souffrent de la présence de sédiments, liée aux techniques agricoles et certaines estimations des effets à long terme de lérosion suggèrent des pertes potentielles de 30 pour-cent de terres arables non irriguées en Amérique Centrale (Hoagland et al., 1995).
Entre autres effets néfastes dune érosion et dune sédimentation accélérées, se trouvent les suivants :
Perte de la productivité agricole. Lérosion peut éliminer le précieux terreau et réduire ainsi la productivité et les capacités de rétention de leau des terres agricoles.
Perte de la capacité de réservoir. La sédimentation réduit la capacité de stockage de leau des réservoirs et réduit leur durée de fonctionnement. A Puerto Rico par exemple, certains réservoirs ont virtuellement perdu toute leur capacité de stockage et dautres se remplissent de milliers de mètres cubes de sédiments chaque année.
Autres effets en aval. La sédimentation peut remplir les rigoles de drainage, les étangs et les systèmes de drainage des eaux de pluie. La navigation peut être entravée par un accroissement des taux de sédiments dans les eaux réceptrices, lesquelles peuvent nécessiter dêtre draguer, ce qui coûte cher (PNUE, 1994a).
Lérosion et la sédimentation peuvent affecter la qualité des eaux de nombreuses façons
Les matières solides en suspension réduisent la quantité de lumière du soleil accessible aux plantes aquatiques, recouvrent les zones de frai et dapprovisionnement en nourriture des poissons, étouffer les communautés benthiques, obstruer les capacités de filtrage des affluents des filtres et boucher et endommager les ouïes des poissons. La turbidité interfère avec les habitudes dalimentation des poissons. Ces effets se combinent pour réduire les populations de poissons, de crustacés, de coraux et de plantes et amoindrir la productivité générale des eaux côtières.
Les eaux bourbeuses réduisent lintérêt récréatif des régions côtières en restreignant les opportunités de pêche, de plongée et de baignade.
Les sédiments peuvent causer des dégâts aux propriétés et coûter de largent aux propriétaires pour leur évacuation (Département de la sauvegarde dUSVI, 1995).
Les substances nutritives et les pesticides sont transportés mélangés aux sédiments ou liés chimiquement aux sédiments, modifiant lenvironnement aquatique par leutrophisation et lintroduction de substances toxiques.
3.3.2 Substances nutritives
Dans les Caraïbes, les problèmes les plus communs de la pollution marine proviennent dune richesse excessive des substances nutritives qui proviennent des évacuations des eaux dégouts et des écoulements des terres utilisées pour lagriculture. Les sources de substances nutritives excessivement riches incluent les engrais, la minéralisation des sols et le fumier. Durant l ;a réunion des experts sur les mesures de contrôle de la pollution due aux écoulements agricoles, les causes de lexcessive richesse des substances nutritives furent identifiées comme étant les suivantes :
Drainage artificiel
Fertilisation excessive
Mauvaises locations des cultures (utilisation des terres)
Insuffisance de zones tampons entre les ressources agricoles et naturelles
Programmation de la fertilisation
Erosion des substances nutritives absorbées dans les sédiments
Mauvaises techniques dirrigation
Pâturage du bétail non contrôlé
Structures confinées pour le bétail
Volatilisation des déchets danimaux
Les cultures agricoles ont besoin des substances nutritives pour une croissance saine. Certaines de ces substances nutritives sont produites naturellement et alimentent les plantes par lair, leau et le sol. Pour compléter ces substances qui sont produites dune façon naturelle, des engrais organiques et inorganiques, tels que le fumier provenant de lélevage du bétail, les résidus des récoltes, sont appliqués sous une forme commerciale sèche ou liquide dans les eaux dirrigation ou par pulvérisation aérienne. Le tableau 3-8 présente des éléments de données sur lutilisation dengrais dans 17 pays de la Région des Caraïbes. Lorsquils sont appliqués correctement, les engrais stimulent la croissance des plantes ; cependant, lorsquils sont utilisés dune façon excessive ou qui nest pas adéquate, ils peuvent engendrer une richesse excessive des substances nutritives dans les masses deau, un des problèmes les plus répandus de la pollution des eaux côtières actuellement. Il en résulte que les écoulements des eaux de surface en provenance de terrains agricoles qui sont mal régis peuvent transporter les polluants suivants (US/EPA, 1993) :
Substances nutritives, chimiques et métaux particulaires agglomérés, tels que le phosphore, le nitrogène organique et les métaux appliqués avec certains déchets organiques.
Substances nutritives et chimiques solubles, telles que le nitrogène, le phosphore, les métaux et de nombreuses autres substances nutritives majeures et mineures.
Sédiments, matières solides organiques particulaires et éléments demandant de loxygène.
Sels.
Bactéries, virus et autres micro-organismes.
Tableau 3-8. Moyenne annuelle de lutilisation dengrais dans 17 pays de la Région des Caraïbes incluant les changements durant la période 1979-1989
Pays |
Engrais utilisés par kg/ha de terres cultivées |
||
1979 |
1989 |
% de changements |
|
| Barbade | 162.0 | 91.0 | (43.8) |
| Belize | 36.0 |
71.0 |
97.2 |
| Costa Rica | 143.0 |
90.0 |
(37.1) |
| Colombie | 55.0 |
191.0 |
247.3 |
| Cuba | 133.0 |
192.0 |
44.7 |
| République dominicaine | 41.0 |
50.0 |
21.9 |
| Guatemala | 53.0 |
69.0 |
30.2 |
| Guyane | 22.0 |
29.0 |
31.8 |
| Haïti | 4.0 |
3.0 |
(25.0) |
| Honduras | 13.0 |
20.0 |
53.8 |
| Jamaïque | 55.0 |
105.0 |
90.9 |
| Nicaragua | 31.0 |
55.0 |
77.4 |
| Panama | 44.0 |
62.0 |
40.9 |
| Trinité et Tobago | 61.0 |
28.0 |
(54.1) |
| Suriname | 49.0 |
74.0 |
51.0 |
| Etats-Unis (Côte du Golfe) | 106.0 |
95.0 |
(10.4) |
| Venezuela | 51.0 |
162.0 |
217.6 |
| Moyenne | 62.3 |
81.6 |
31.0 |
Des substances nutritives excessives pénètrent dans les eaux côtières en raison de mauvaises méthodes de stockage, de manipulation et délimination des récipients contenant les engrais. Par exemple, si des sacs dengrais sont entreposés de façon à ce quils puisent souvrir et laisser, par inadvertance, se répandre le contenu dans lenvironnement, les engrais sajoutent au volume de substances nutritives qui peuvent sécouler dans les eaux côtières.
Le nitrogène et le phosphore, qui sont considérés comme les substances nutritives ayant le plus dimpact sur la qualité de leau, en quantité excessive et provenant des engrais et fumiers agricoles, s'infiltrent dans les eaux. Le nitrogène se dissout dans leau et est transporté par des écoulements. Quant au phosphore, il est soit dissout, soit retenu dans les sols argileux et est principalement transporté par les phénomènes dérosion (Lilly, 1995). Des quantités excessives dengrais quittent le système et pénètrent dans les eaux de surface par des fuites liquides, des écoulements de surface, lérosion ou des gaz. Les substances nutritives peuvent augmenter la productivité ou le rendement des cultures sur la terre et peuvent avoir le même effet sur les plantes aquatiques lorsquelles pénètrent dans une masse deau. Des taux excessifs de substances nutritives dans les écoulements atteignant les eaux côtières peuvent aboutir à labsence déquilibre dans le cycle nutritif naturel, ce qui conduit à la croissance excessive et non voulue des plantes, un processus qui sappelle leutrophisation (Département de la sauvegarde dUSVI, 1995). Lorsque les substances nutritives sintroduisent dans un cours deau, un lac ou un estuaire dans des quantités supérieures aux taux naturels, la productivité des plantes aquatiques peut augmenter dramatiquement (US/EPA, 1993). Une productivité accrue a pour résultat laugmentation de matières organiques dans le système aquatique. Cette matière organique meurt et pourrit après un certain temps. Le processus de putréfaction nécessitant de loxygène, une augmentation excessive de la productivité des plantes peut éventuellement aboutir à un approvisionnement réduit en oxygène. Ceci peut créer des conditions anoxies et produire un environnement où peu dorganismes peuvent vivre.
Le gain en substances nutritives des eaux côtières peut conduire à une augmentation de la croissance des algues (planctonique), ce qui est dangereux pour les récifs coralliens et les autres communautés benthiques. Les gains en substances nutritives des eaux côtières peuvent conduire à laugmentation de la croissance des algues (planctonique), ce qui est dangereux pour les récifs coralliens et les autres communautés benthiques. Avec laugmentation de la croissance des algues, la turbidité saccroît, prohibant davantage la croissance de la végétation aquatique immergée (VAI). Une perte de la VAI équivaut à une perte dhabitat. Laccumulation de substances nutritives dans le dépôt des sédiments peut produire des problèmes supplémentaires associés aux gains de substances nutritives. Les modifications du milieu aquatique (ex: températures, salinité) permettent aux substances nutritives dêtre libérées des sédiments et contribuent, à long terme, à leutrophisation.
3.3.3 Pesticides
Le terme pesticide inclut toutes substances ou tous mélanges de substances dont lobjectif est de se prémunir contre, de détruire, de repousser ou de modérer la présence dinsectes nuisibles ou dêtre utilisé pour réguler, défolier ou dessécher les plantes (US/EPA, 1993). Dans le cadre de ce document, les pesticides incluent les insecticides, les herbicides, les fongicides, les miticides et dautres substances similaires. Les experts régionaux ont établit les causes suivantes comme étant responsables de la contamination par les pesticides
Application inadéquate (moment de lapplication, méthodes, quantités, etc.)
Erosion (produits chimiques absorbés)
Systèmes de cultures (ex: monocultures)
Mauvais entretien de léquipement
Mauvaise manipulation, stockage et élimination
Sélection inadéquate
Fuites
Mauvaise gestion de leau
Drainage artificiel
Volatilisation
Les types de pesticides les plus communément utilisés pour lagriculture sont les organochlorures organophosphores, les plus toxiques mais les moins persistants étant les organophosphates. Ces pesticides sont toxiques pour les crustacés tels que les crevettes, les homards et les crabes et sont aussi toxiques pour certaines espèces de poissons. Il a été reconnu quils saccumulent biologiquement dans certaines faunes marines (Archer, 1987).
Les effets des pesticides ne sont pas nécessairement limités aux terrains sur lesquels ils sont appliqués. Il y a des gaspillages considérables lorsque les produits chimiques sont appliquer en grandes quantités et rarement et les cultures ne peuvent pas bénéficier de lapplication avant quune grande partie des produits chimiques soit éliminée par les eaux de pluie ou se dissipe (Hernández et Witter, 1996). En fonction des techniques dapplication utilisées, la dissémination des pesticides à lextérieur des terres se fait par les vents, les écoulements, la déviation hors des secteurs de cultures des pulvérisations par vols à haute altitude, les déversements accidentels, des méthodes de stockage et de manipulation défectueuses et une mauvaise élimination des récipients contenant les pesticides. Lusage en grandes quantités de pesticides pour lagriculture dans des bassins hydrographiques près du littoral peut être aussi destructif que des décharges directes de substances toxiques industrielles, en fonction de facteurs tels que la persistance du pesticide, les quantités qui parviennent dans le milieu marin, les potentiels de bioaccumulation et la toxicité (Coté, 1988). La propagation dun pesticide hors des terres où il a été intentionnellement ou accidentellement appliqué dépend considérablement de sa persistance dans lenvironnement, de sa solubilité dans leau et de sa tendance à se lier aux matières organiques ou à largile dans les sols (Rainey et al., 1987).
Les effets non voulus provenant de lutilisation de pesticides incluent lélimination ou la réduction de populations dorganismes bénéfiques et non ciblées, y compris des espèces en voie de disparition (US/EPA, 1993). La quantité de pesticide appliquée qui quitte les champs par écoulements et pénètrent dans les cours deau, ainsi quil est décrit dans lillustration 3-4, dépend principalement des facteurs suivants (US/EPA, 1993) :
Lintensité et la durée des chutes de pluie et de lirrigation.
Le laps de temps entre les applications de pesticide et les chutes de pluies.
La quantité de pesticide utilisée et son coefficient de séparation sol / eau.
La longueur et le degré dinclinaison de la pente et la composition des sols.
Superficie de sols dénudés et exposés aux éléments (par opposition aux sols recouverts par des résidus ou des cultures.
Proximité de cours deau.
Méthode dapplication et formule.
Le degré auquel les écoulements et lérosion sont contrôlés avec des méthodes agronomiques et structurelles.

Illustration 3-4. Facteurs affectant le transport et
limpact sur la qualité de leau dun pesticide
(Cliquez sur l'image)
Les pesticides qui lient les particules des sols et nont pas tendance à sinfiltrer dans les nappes deau souterraines peuvent cependant se disséminer si ces particules des sols sont érodées le long des pentes et transportées dans les cours deau, se déposant pendant des périodes pouvant varier dans les sédiments des cours deau ou des estuaires ou dans les habitats marins côtier (Rainey et al., 1987). En outre, de nombreux pesticides sont solubles dans leau et peuvent pénétrer dans les eaux de surface par les écoulements.
Les déperditions de pesticides sont généralement plus importantes lorsque les chutes de pluies sont intensives et ont lieu peu de temps après lapplication des pesticides, ce qui rend aussi les pertes par écoulements et érosion plus grandes (US/EPA, 1993). Cette déperdition de pesticides est non seulement néfaste à lenvironnement mais peut aussi aboutir à des pertes économiques. Cette déplorable utilisation des pesticides, par application inadéquate ou excessive, augmente le coût des pesticides.
Les pesticides particulièrement dangereux sont ceux qui résistent à la dégradation et par conséquent, saccumulent dans lenvironnement. En fonction de leur composition chimique, les pesticides peuvent être transportés par le déplacement des sédiments ou par leur dissolution dans leau. Les pesticides peuvent interrompre le développement du processus de reproduction de certains organismes. Les herbicides peuvent supprimer les sources de nourriture pour les organismes aquatiques. Les pesticides qui saccumulent biologiquement dans les biotas marins peuvent être transmis aux humains par les ressources halieutiques et posent des risques sérieux pour la santé publique et pour lécologie (Diamante et al., 1991). Lutilisation excessive et négligente de produits agrochimiques, spécialement les pesticides, est une des causes fondamentales de lempoisonnement chimique dans la Région des Caraïbes (Hoagland et al., 1995). La présence de résidus de pesticides, à des taux dangereux, dans la chaîne alimentaire et lapprovisionnement en eau posent des dangers immédiats pour la santé publique.
Lample utilisation de pesticides, due aux activités agricoles intensives dans la Région des Caraïbes, est bien documentée et ses effets sur les écosystèmes terrestres et maritimes sont relativement évidents (PNUE, 1994b). Uniquement en Colombie, plus de 600 différents types de pesticides sont utilisés, ce qui représente approximativement 33 000 tonnes par an (Tinoco, 1994). A cause des écoulements, de lérosion et de mauvaises méthodes dapplication, des quantités importantes de pesticides parviennent dans les milieux côtiers et marins, où elles peuvent affecter certaines espèces non visées, et, par la contamination des fruits de mer, devenir un problème pour la santé publique (PNUE, 1994b). En outre, de nombreux pesticides dont lutilisation est interdite dans les pays industrialisés, sont employés en grande quantité en Amérique Latine (Altieri, 1991). Approximativement 75 pour-cent des pesticides utilisés en Amérique Centrale sont, soit interdits, soit limités aux Etats-Unis(CDEALC, 1990). Lutilisation de pesticides est aussi influencée par des subventions du gouvernement dans certains pays, ce qui diminue le joug économique et incite, de cette façon, les fermiers à substituer des produits non chimiques à des produits chimiques pour le contrôle des insectes
Dans lensemble, lutilisation de pesticides au sein de la Région des Caraïbes semble augmenter. Un rapport datant de 1992 de lInstitut des ressources mondiales présentait une augmentation générale de lutilisation de pesticides durant la période 1974-1984 (Tableau 3-9). Lutilisation de pesticides en Amérique Latine devrait augmenter de 280 pour-cent entre 1980 et 2000 (Altieri, 1991). Les pays présentant une réduction de lutilisation de pesticides ont attribué cette réduction à des modifications de techniques agricoles visant à réduire lutilisation de pesticides et à utiliser des pesticides moins persistants et nécessitant de plus faibles taux dapplication (PNUE, 1994b).
3.3.4 Pathogènes
Les déchets en provenance de lélevage du bétail sont une composante importante de la pollution due aux sources agricoles non ponctuelles (Myers, 1985). Lutilisation de sources deau par les animaux, leur pâturage dans des lieux qui ne sont pas adéquats et un mauvais épandage du fumier peuvent créer de sérieux problèmes relatifs à la qualité de leau. Comme il est indiqué dans la section 3.3.2, les écoulements en provenance de secteurs délevage de bétail peuvent créer des problèmes relatifs à la qualité de leau et liés à la présence de substances nutritives. Ces écoulements peuvent aussi avoir de sérieux impacts sur la santé humaine. Les maladies des animaux peuvent être transmises aux humains par contacts avec les excréments de ces animaux (US/EPA, 1993) ou avec des animaux morts. Un certain nombre de bactéries pathogéniques peuvent être présentes dans les eaux usées qui ne sont pas traitées, y compris les bactéries responsables de la fièvre typhoïde, des hépatites et de la dysenterie (Lilly, 1996). Les écoulements en provenance de champs qui reçoivent du fumier contiendront des taux extrêmement élevés de bactéries si le fumier nest pas correctement traité pour sa teneur en bactéries. En outre, la quantité de déchets animaux ou de fumier dans les écoulements peut être assez substantielle. Par exemple, une ferme de cent vaches laitières produit autant de matières fécales quune population de 15 000 habitants (Myers, 1985). Les bactéries les plus souvent mentionnées en relation avec les problèmes de la qualité de leau sont les coliformes car ce sont des indicateurs fiables de la contamination fécale (Lilly, 1996). Bien quelles-mêmes ne soient pas pathogéniques, les bactéries coliformes sont facilement détectables et indiquent habituellement que des déchets animaux et humains sont présents et, par interférence, que des pathogènes peuvent aussi être présents (Lilly, 1996).
Tableau 3-9. Moyenne annuelle des pesticides utilisés dans 14 pays de la Région des Caraïbes, incluant les changements durant la période 1974-1984
Pays |
Tonnes de pesticides utilisés |
Changements |
|
| 1974-1977 | 1982-1984 | ||
| Costa Rica | 3,037 | 3,667 | 21 |
| Colombie | 19,344 |
16,100 |
(17) |
| République dominicaine | 1,961 |
3,297 |
68 |
| Guatemala | 4,627 |
5,117 |
11 |
| Guyane | 705 |
658 |
(7) |
| Honduras | 940 |
859 |
(9) |
| Jamaïque | 861 |
1,420 |
65 |
| Mexique | 19,148 |
27,630 |
44 |
| Nicaragua | 2,943 |
2,003 |
(32) |
| Suriname | 974 |
1,720 |
77 |
| Côte du golfe des Etats-Unis | 5,320 |
4,500 |
(15) |
| Venezuela | 6,923 |
8,143 |
18 |