| Programme des Nations Unies pour l'environnement Programme pour l'environnement de Caribes Rapport technique du PEC No. 41 1998 |
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| Meilleures méthodes de
gestion pour les sources agricoles non ponctuelles de pollution Rapport dans le format Word | Anglais | Espagnol |
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SECTION 2. VUE DENSEMBLE REGIONALE
2.1 Secteur géographique
Pour les besoins de ce document, le secteur géographique de la Région des Caraïbes est basé sur la définition utilisée dans lAccord de Carthagène : «lenvironnement [côtier et] marin du golfe du Mexique, de la mer des Caraïbes et des zones de lOcéan Atlantique qui lui sont adjacentes, au sud de 30° de latitude nord et dans un rayon de 200 milles nautiques» des côtes atlantiques à partir des Bahamas et de la Floride jusquà la frontière au Nord du Brésil (Hoagland et al., 1995). (Voir illustration 2-1.) Il faut cependant observer que, bien que le secteur de lAccord englobe la zone la plus proche des mers, la zone de drainage à partir de laquelle les polluants sont transportés dans les mers consiste en dimmenses aires de terrains sur les continents dAmérique du Nord et du Sud.
La Région des Caraïbes enveloppe un secteur de 6,4 millions de kilomètres carrés et inclut les états de la côte du Golfe des Etats Unis. Les nombreuses îles des Grandes et Petites Antilles totalisent 4,6% du secteur total ; le Mexique et les pays dAmérique Centrale constituent 48,3% du secteur (Gajraj, 1981).
2.2 Utilisation des terres et ressources hydrauliques
Une grande partie de la Région des Caraïbes est montagneuse et une proportion importante, mais diminuant rapidement, est boisée. Une analyse prospective de Gallopín (1990) anticipe de sérieuses altérations des écosystèmes des terres en Amérique Latine et dans les Caraïbes pour sadapter à la population croissante durant les trois décennies à venir (CDEALC, 1990). (Voir Tableau 2-1.)

Illustration 2-1. La région des Caraïbes, ainsi quelle fut
délimitée par lAccord de Carthagène
(Cliquez sur limage)
Tableau 2-1. Altérations anticipées de lutilisation des terres dans la Région des Caraïbes
Initial (1980) |
2030 |
% Change |
|
| Primaires (boisées) | 40.6 |
30.0 |
-26.7 |
| Modifiées | 22.1 |
21.0 |
-6.4 |
| Non cultivées | 2.0 |
3.2 |
69.6 |
| Cultures | 7.5 |
11.0 |
46.5 |
| Elevage | 26.8 |
32.0 |
20.4 |
| Plantations | 0.3 |
1.5 |
443.2 |
| Urbaines | 0.7 |
1.3 |
92.7 |
| TOTAL | 100.0 |
100.0 |
|
Les bassins deaux douces de drainage à lintérieur de la Région des Caraïbes couvrent environ 5,6 millions de kilomètres carrés. Les plus grandes parties sont aux Etats Unis(62%), au Venezuela(17%), en Colombie (4%) et au Mexique (4%) (Diamante et al., 1991). Les terres dont les eaux sécoulent dans le secteur maritime sont dune importance évidente pour la gestion de cette zone, particulièrement lorsque lon considère les sources de pollution non ponctuelles. Le tableau 2-2 présente les principaux systèmes de drainage dans la Région, mais ninclut pas des données telles que les lagunes deaux douces, les marais et les bras marécageux des littoraux de Floride, Colombie, Venezuela et de la péninsule de Yacatan. De plus, bien que ces eaux douces qui prennent leurs sources dans la rivière Amazone soient à lextérieur de la Région des Caraïbes, elles devraient cependant être prises en considération.
Tableau 2-2. Principales rivières sécoulant dans la Région des Caraïbes
River |
Secteur de drainage (km2) |
Débit de
leau |
Décharge de
sédiments |
Transport
spécifique |
Moyenne de
matières solides en suspension |
| USA | |||||
| Mississippi | 3,268,000 |
18,400 |
222.00 |
76.00 |
380 |
| Apalachicola | 44,000 |
620 |
0.16 |
6.80 |
15 |
| Mobile | 97,000 |
1,500 |
4.50 |
42.00 |
95 |
| Brazoa | 114,000 |
160 |
15.90 |
0.14 |
3,200 |
| Colorado | 107,000 |
79 |
1.90a |
17.90 |
|
| USA-Mexique | |||||
| Rio Grande | 467,000 |
23 |
Très faible a |
|
|
| Colombie | |||||
| Magdelena | 235,000 |
7,500 |
234.00 |
1000.00 |
1,000 |
| Venezuela | |||||
| Orinoco | 950,000 |
30,000 |
85.00 |
91.00 |
90 |
2.3 Conditions socio-économiques Agriculture, industrie, et ressourcesLa Région des Caraïbes possède une diversité extraordinaire de ressources culturelles et naturelles, lesquelles sont sujettes à des pressions de développements sans précédent (PNUE, 1994a). Dimportantes industries dont la mer est à la base, telles que les industries halieutiques, les transports maritimes (dont dépend lagriculture), lextraction du pétrole et du gaz et le tourisme, ont toutes joué un rôle important dans le développement de la Région des Caraïbes (PNUE, 1996). Approximativement 20 millions de touristes visitent les îles et les régions du littoral chaque année pour profiter des environnements côtier et marin. Les touristes sont attirés dans la Région par les belles plages de sable blanc, labondance de fruits de mer, la plongée, la pêche et la clémence du climat (DeGeorges, 1990).
Lagriculture a cependant été pendant longtemps le principal soutien des économies des pays de la Région des Caraïbes. La région produit environ 60% de la production mondiale de café, 40% de la production mondiale de bananes, 25% de la production mondiale de fèves, 20% de la production mondiale de cacao et des quantités importantes de sucre, maïs, vanille, coton, pommes de terre, riz et blé (ACE et FRI, 1991). Le long de la côte Nord de lAmérique du Sud, les cultures de coton, de maïs, de cannes à sucre et de vanille sont prépondérantes. LAmérique Centrale et le Mexique se concentrent sur les cultures de cacao, de bananes, de cannes à sucre, de bois dacajou et lélevage du bétail. Dans les Antilles, historiquement, lagriculture a été le secteur de léconomie le plus productif, avec une prépondérance de la canne à sucre et, plus récemment, des bananes (ACE et FRI, 1991). La dépendance sur une économie de monoculture est dominante. Par exemple, la Barbade, St Kitts et la République dominicaine ont traditionnellement dépendu de la canne à sucre, alors que Grenade, St Vincent, Ste Lucie et la Dominique dépendent de la production de bananes (DeGeorges, 1990). Le tableau 2-3 présente le revenu annuel généré par la culture des bananes dans les îles du Vent de 1994 à 1997.
Traditionnellement, lélevage du bétail na pas été autant développé que les autres secteurs de lagriculture, spécialement dans les pays et territoires insulaires. Bien que lélevage du bétail ait bénéficié de subventions généreuses et de programmes gouvernementaux parmi les îles, seules, les industries de la volaille et des porcs furent développées dune façon intensive. En particulier, les industries laitières et du buf sont absentes des pays insulaires. La majorité du buf est importé de Nouvelle Zélande et dAustralie. La production de lindustrie laitière a aussi été insuffisante. Dans la plupart des régions situées dans les terres de la Région des Caraïbes, lélevage de bétail est présent en plus grandes quantités.
Tableau 2-3. Revenus générés par la culture des bananes dans les îles du Vent
| Pays | Revenue (EC$M) |
||||
1994 |
1995 |
1996 |
1997 |
Total |
|
| Dominique | 55.37 |
45.15 |
44.53 |
41.31 |
186.36 |
| Grenada | 6.52 |
5.20 |
1.63 |
0.00 |
13.35 |
| St. Lucia | 115.71 |
128.10 |
125.79 |
76.37 |
445.97 |
| St. Vincent et les Grenadines | 39.83 |
61.27 |
52.43 |
37.10 |
190.63 |
| TOTAL | 217.43 |
239.72 |
224.38 |
154.78 |
836.31 |
Des pays de la région des Caraïbes produits environ 60% de la production mondiale de café
Lexploitation minière a aussi un rôle prépondérant. La bauxite, le cuivre, le nickel, lor, largent, le plomb, le zinc, le manganèse, le minerai de fer, le pétrole et le gaz naturel sont présents dans des quantités commercialement exploitables. Cependant, une fois de plus, la majorité des plus petits pays de la Région des Caraïbes ne possède pas de ressources minières importantes et leur économie repose principalement sur lagriculture et le tourisme (Gajraj, 1981).
(Cliquez sur limage - 2MB)Trois systèmes distincts dexploitation sont typiques de la production agricole dans une grande partie de la Région des Caraïbes :
Le système de plantation, tendant à lexportation et caractérisé principalement par des monocultures sur de grandes propriétés et qui utilise, généralement, les terres les plus fertiles (Gumbs, 1981). La taille de ces exploitations varie. A Costa Rica, par exemple, la plus petite plantation de bananes destinées à lexportation est de 40 hectares, mais la taille de la majorité des exploitations varie entre 300 et 400 hectares (Hernández, 1997).
Le système dexploitations agricoles de subsistance, typiquement plus petit que le système de plantation, est développé sur des terrains agricoles plus marginaux (ACE et FRI, 1991). La plupart des fermiers ne possèdent que de petits lopins de terre de quelques hectares ou même moins (DeGeorges, 1990).
Les techniques de migrations ou de déplacements agricoles, qui sont principalement pratiquées par des groupes indigènes en Amérique Centrale, Colombie, Venezuela et en Guyane (Gumbs, 1981).
Les systèmes dexploitations agricoles sont déterminés par les paysages naturels et par les conditions socio-économiques prédominantes de la région (Sentis, 1992). Une croissance et un développement économiques continus dans la Région des Caraïbes ont nécessité des changements dans lutilisation traditionnelle de la terre, tels que laccroissement du développement agricole aux dépends des terres boisées (PNUE, 1994a). (Voir Tableaux 2-1 et 2-4.) La capacité de produire des cultures-alimentaires dans la Région des Caraïbes est, en outre, limitée par linsuffisance de fertilité naturelle du sol, le potentiel élevé dérosion des sols qui est dû à de fortes pentes et à un mauvais drainage, la salinité et le manque de profondeurs des sols. De plus, les conditions climatiques variables, telles que les sécheresses et les inondations, et les catastrophes naturelles telles que les ouragans, peuvent infliger de sérieuses restrictions à la productivité des terres (Gajral, 1981).
Ce document se concentre sur les problèmes engendrés par les cultures et lélevage. Le tableau 2-5 présente un bref résumé des principaux producteurs de cultures agricoles dans la Région des Caraïbes. Ils sont classés en termes de pourcentage des surfaces de terrains utilisés pour lagriculture. Le tableau 2-6 fournit des informations concernant deux cultures fondamentales dans la Région des Caraïbes. Les productions de cannes à sucre et de bananes sont classées par quantité de tonnes produites en 1994 (Hoagland et al., 1995).
Tableau 2-4. Changements, en pourcentage, de lutilisation des terres pour les cultures, les pâturages et les forêts dans 17 pays de la Région des Caraïbes entre 1977 et 1989
Pays |
Pourcentages de changements (1977-1989) |
||
| Cultures | Pâturages | Forêts | |
| Barbade Belize Costa Rica Colombie Cuba République dominicaine Guatemala Haïti Honduras Jamaïque Mexico Nicaragua Panama Trinité et Tobago Suriname Venezuela Moyenne |
0.0 12.8 5.5 3.5 5.3 5.5 8.3 2.7 2.3 1.5 1.9 2.8 4.6 3.7 53.7 5.9 4.8 |
0.0 15.2 24.0 6.8 14.3 0.0 7.8 (3.0) 7.2 (7.9) 0.0 11.5 15.9 0.0 11.1 2.9 6.7 |
0.0 (1.1) (17.9) (5.6) (11.8) (3.1) (17.0) (30.0) (18.8) (5.1) (12.0) (23.5) (19.4) (4.3) (0.3) (8.6) (9.3) |
Tableau 2-5.
Principaux producteurs de cultures agricoles dans la Région des Caraïbes (% de la surface totale des terres dans lutilisation des terres agricoles)| Producteur | % |
Producteur | % |
Producteur | % |
| Martinique | 87 |
Barbade | 46 |
Colombie | 27 |
| Guadeloupe | 84 |
St. Kitts | 45 |
Trinité & Tobago | 26 |
| Cuba | 78 |
Etats-Unis | 41 |
Guyane | 26 |
| Mexico | 73 |
Panama | 39 |
Dominique | 26 |
| Costa Rica | 60 |
Puerto Rico | 39 |
Honduras | 24 |
| Haïti | 57 |
Guatemala | 38 |
U.S. Virgin Islands | 21 |
| Jamaïque | 55 |
St. Lucia | 38 |
Belize | 10 |
| République dominicaine | 50 |
St. Vincent | 35 |
Antigua & Barbade | 9 |
| Nicaragua | 48 |
Venezuela | 34 |
Bahamas | 3 |
Table 2-6. Principaux producteurs de cannes à sucre et de bananes dans la Région des Caraïbes
| Principaux producteurs de cannes à sucre (milliers de tonnes en 1994) |
Principaux producteurs de bananes (milliers de tonnes en 1994) |
||
| Cuba | 44,000 |
Colombie | 1,950 |
| Mexico | 41,652 |
Mexico | 1,650 |
| Etats-Unis | 29,335 |
Costa Ricaa | 1,633 |
| Colombie | 29,000 |
Venezuela | 1,215 |
| Guatemalaa | 9,788 |
Panamaa | 1,110 |
| Venezuela | 6,700 |
Hondurasa | 1,086 |
| Honduras | 3,004 |
Guatemala | 465 |
| Costa Rica | 2,840 |
Cuba | 295 |
| Jamaïque | 2,661 |
Martinique | 255 |
| Nicaragua | 2,400 |
Haïti | 230 |
| Haïti | 2,250 |
Guadeloupea | 148 |
| Panama | 1,400 |
Nicaragua | 136 |
| Trinité & Tobago | 1,210 |
Ste. Lucieb | 90 |
| Belize | 1,159 |
Jamaïque | 77 |
| Barbadea | 533 |
Suriname | 50 |
| Guadeloupea | 516 |
Belize | 41 |
| St. Kitts & Nevisa | 200 |
Dominiquea,b | 42 |
| Martinique | 98 |
St. Vincent et les Grenadinesb | 31 |
| Suriname | 45 |
Guyane | 21 |
| Grenadeb | 4 |
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