Logo de PNUE Importance et Application du Principe d'Action Préventive au Programme pour l'Environnement des Caraïbes

Rapport dans le format Word

Rapport technique du PEC No. 21 1993 Rapports Techniques du PEC

Note: Les appellations employées dans cette publication et la présentation des données qui y figurent n'impliquent de la part du PNUE aucune prise de position quant au statut juridique des Etats, Territoires, villes ou zones, ou de leurs autorités ni quant au tracé des frontières ou limites.

A des fins bibliographiques, ce document peut être cite comme suit:
PNUE: Importance et Application du Principe d'Action Préventive au Programme pour l'Environnement des Caraïbes. Rapport Technique du PEC No. 21. PNUE Programme pour l'environnement des Caraïbes, Kingston, Jamaïque, 1993.


TABLE DES MATIERES

PREAMBULE

I. INTRODUCTION

II. PRINCIPE D'ACTION PREVENTIVE

III.  AVANTAGES ET INCONVENIENTS EVENTUELS DE L'ADOPTION DU PRINCIPE D'ACTION PREVENTIVE POUR LA REGION DES CARAIBES

IV. MECANISMES POUR L'APPLICATION D'UNE APPROCHE PREVENTIVE PAR LES ETATS ET TERRITOIRES DE LA REGION DES CARAIBES

BIBLIOGRAPHIE


Distr.
RESTREINTE
UNEP(OCA)/CAR WG.10/INF.4
9 novembre 1992
FRANCAIS
ORIGINAL: ENGLISH

Réunion d'experts sur le Programme pour l'environnement des Caraïbes Kingston, 9-10 novembre 1992

PREAMBULE

La cinquième réunion intergouvernementale sur le Programme pour l'environnement des Caraïbes et Deuxième Réunion des Parties contractantes à la convention de Carthagène, qui s'est tenue à Kingston du 17 au 18 Janvier 1990, avait chargé le Secrétariat, par la décision 16 de la dite Réunion, d'étudier en détail les mécanismes pour l'application du Principe d'action préventive et de préparer un document pouvant être examiné lors de la prochaine Réunion intergouvernementale et des Parties contractantes.

Le présent document satisfait cette demande en fournissant:

Une définition du principe d'action préventive et une explication de son mécanisme ainsi qu'une indication des approches adoptées par d'autres institutions pour la définition de ce principe;

Une analyse des avantages et des inconvénients éventuels pour la région des Caraïbes présentés par l'adoption de ce principe; et

Des mécanismes pour l'application d'une approche préventive par les Etats et Territoires de la région des Caraïbes.

Il existe actuellement une documentation importante sur ce sujet et il est intéressant de noter qu'une démarche similaire avait été suivie pour les Parties contractantes à la Convention de Londres sur l'immersion des déchets en mer (LDC) en 1991. Dans la préparation du présent document, le Secrétariat s'est référé à la documentation disponible, au Rapport du LDC ainsi qu'à des informations obtenues auprès du PNUE. La bibliographie figure à L'annexe I du présent document. Le document a été présenté et adopté à la Sixième Réunion Inter-gouvernementale et Troisième Réunion des Parties contractantes, Kingston, 16-18 novembre 1992.

I. INTRODUCTION.

Dans son rapport de 1990 sur les droits de la mer, le Secrétaire Général de l'ONU a signalé "l'importance capitale" du principe d'action préventive dans les approches à la protection du milieu marin et à la préservation des ressources. Il a précisé que presque tous les forums internationaux récents avaient adopté celle-ci. De plus, en 1992, la Déclaration de Rio a entériné l'approche préventive (Principe 15). Un certain nombre de traités internationaux portant sur l'environnement ont fait référence à ce principe ou l'ont accepté.

Les exemples suivants de la reconnaissance de ce principe comprennent: La Convention cadre sur les changements climatiques et la Convention sur la diversité biologique (toutes deux signées à Rio en juin 1992); la Convention d'Helsinki sur la diversité biologique du milieu marin de la zone de la mer Baltique; la Convention d'Helsinki sur la protection et l'utilisation des cours d'eau et des lacs transfrontières; le traité de Maastricht de 1992 sur l'Union européenne; la Convention de Paris de 1992 sur la protection du milieu marin de l'Atlantique Nord-Est. Le Secrétariat note qu'un certain nombre d'avocats internationaux spécialisés dans le domaine de l'environnement estiment que le principe d'action préventive quitte le domaine de la politique internationale pour celui du droit international coutumier.

Table des matières

II. PRINCIPE D'ACTION PREVENTIVE

QUEL EST LE PRINCIPE OU L'APPROCHE D'ACTION PREVENTIVE.

Malgré l'acceptation générale du principe/approche d'action préventive considérée maintenant comme "l'approche politique la plus importante et innovatrice dans la coopération internationale sur l'environnement" (Freestone 1990), les personnes concernées ne sont toujours pas sûres de sa signification précise. Néanmoins, elle a été sujet de discussion dans de nombreux organismes internationaux relatifs au domaine de l'environnement et, de ce fait, on connait son orientation générale. Des aspects plus détaillés de cette approche seront examinés dans la section consacrée aux définitions.

Ce principe a été proposé pour la première fois comme instrument international dans le cadre des discussions régionales portant sur l'état de la Mer du Nord. Malgré la surveillance par les organismes régionaux de la pollution provenant des sources terrestres et de l'évacuation en mer, la qualité des eaux de la Mer du Nord a continué à se dégrader, remettant en question l'efficacité des approches traditionnelles qui sont fondées sur la capacité de l'environnement à assimiler les déchets. Le préambule de la Convention de Londres sur l'immersion des déchets fait état de cette approche traditionnelle dans les termes suivants: "La capacité de la mer à assimiler les déchets et à les rendre inoffensifs ainsi que celle de régénérer les ressources naturelles ne sont pas illimitées". Ces propos ont d'abord été interprétés comme signifiant que, bien que la capacité des océans soit reconnue comme limitée, toute activité a été autorisée, excepté celle dont les effets sont perçus comme néfastes. Néanmoins la preuve scientifique n'est jamais incontestable et certains spécialistes estiment que lorsque les effets néfastes sont détectés, la capacité d'assimilation de l'environnement a déjà été dépassée.

L'approche d'action préventive est innovatrice dans la mesure où elle modifie le rôle de la preuve scientifique. Elle prévoit la prise de mesures de contrôle ou d'atténuation des effets éventuels sur l'environnement dès que le milieu est menacé, bien qu'il puisse y avoir des doutes scientifiques quant aux conséquences de certaines activités. De ce fait, la nouvelle politique sera l'adoption ou le développement de technologies propres plutôt qu'une simple évaluation des risques de certains niveaux d'émissions de polluants. La Convention de Bamako fait état de cette approche dans son article 4(3)(2). L'approche d'action préventive peut également être employée pour renverser la charge traditionnelle de la preuve, pour que, dans des cas d'incertitude scientifique sur les effets de certaines activités, cette charge de la preuve revienne aux éventuels pollueurs qui seront obligés de prouver que leurs activités ne nuiront pas à l'environnement. Cette approche figure également dans la Procédure de justification préalable de la Convention d'Oslo.

L'adoption d'un principe d'action préventive et l'application d'une approche similaire nécessite donc un changement au niveau de la prise de décision en faveur de la sécurité et de la prévention. Cela signifie qu'en cas de doute quant aux effets d'une activité sur l'environnement, des mesures de prévention et de remède seront prises immédiatement conformément à la Résolution 14/4 du 4 septembre 1991 de la Convention de Londres sur l'immersion des déchets en mer:

L'approche d'action préventive précise qu'une action préventive ou de remède peut être prise avant la présentation de preuves scientifiques incontestables des effets néfastes d'une activité sur l'environnement. Par contre, lorsque la preuve scientifique est irréfutable en ce qui concerne les effets sur l'environnement, cette action doit être impérativement menée. Il en résulte que les décideurs ne peuvent plus se dissimuler derrière les incertitudes inhérentes à la recherche scientifique mais qu'ils doivent prendre des décisions sur la base des probabilités et d'incertitudes.

Bien que l'approche d'action préventive ait été adoptée le plus souvent dans le domaine de la pollution marine, son intégration dans la Déclaration de Rio comme Principe 15 montre clairement qu'elle peut-être appliquée à toute la gamme de prise de décisions relatives à l'environnement et à toutes les conséquences des actes de l'homme sur celui-ci. L'aspect original du principe/approche d'action préventive ne réside pas dans le fait qu'il exige des mesures spécifiques de contrôle (étant donné que beaucoup de mesures peuvent être adoptées) mais plutôt dans la manière dont et la période que les mesures ont été adoptées. (Hey 1991; Nollkaemper, 1991). Les mesures et mécanismes d'application qui ont été élaborés pour faire face au problème des déchets dangereux se réfèrent le plus souvent à la production non polluante, la technologie sans déchets, la meilleure technologie disponible (BAT) et les meilleures pratiques environnementales (BEP). Dans son application plus large, aucune application ne suffira à elle-même car plusieurs approches peuvent s'avérer nécessaires.

PRINCIPE OU APPROCHE D'ACTION PREVENTIVE

Beaucoup d'énergie a été dispensée pour faire une distinction entre le principe d'action préventive et l'approche d'action préventive. Une distinction qui se base sur le sens commun a été récemment suggérée par un commentateur (Hey, 1992): un principe est "une loi ou règle générale adoptée ou proposée comme orientation d'une action", tandis qu'une approche est "une manière de voir ou de traiter une action". La politique d'action préventive comprend ces deux notions, c'est-à-dire qu'elle est fondée sur un principe et des approches au problème à l'environnement par le biais d'une démarche de prévention. Elle comprend également des mesures - des techniques, mécanismes ou procédures spécifiques de contrôle -qui résultent de l'application d'une approche préventive à un problème particulier tel que celui des sources terrestres de pollution. La terminologie précédente sera employée désormais dans ce document.

VERS UNE DEFINITION DE LA POLITIQUE D'ACTION PREVENTIVE

Bien qu'il ait été accepté que l'approche d'action préventive nécessite le rejet de l'approche traditionnelle de la capacité d'assimilation, il y a néanmoins une importante variation dans l'emploi de ces termes qui ont été retenus par plusieurs forums consacrés à la politique et dans les textes juridiques où ils figurent (voir annexe 1). Une analyse globale de ces textes révèlent qu'il n'est pas facile d'élaborer une seule et même définition. Pour cette raison, plusieurs définitions sont proposées dans le présent document et seront traîtées plus en détail ultèrieurement. Néanmoins, il serait plus utile, au départ, d'analyser les points de convergence ou de divergence des différentes définitions existantes.

Dans le rapport aux Parties contractantes à la Convention de Londres sur l'immersion des déchets en mer, plusieurs points convergents ont été notés au niveau des instruments:

La fragilité de l'environnement;

Les limites de la science dans la prévision des menaces sur l'environnement ainsi que les mesures nécessaires pour les empêcher;

La disponibilité d'options pratiques (au niveau des produits et des méthodes de production) pour faciliter la suppression ou la diminution des substances sources de dégradation de l'environnement; et

Table des matières

III. AVANTAGES ET INCONVENIENTS EVENTUELS DE L'ADOPTION DU PRINCIPE D'ACTION PREVENTIVE POUR LA REGION DES CARAIBES

Afin d'aider les gouvernements à évaluer l'importance de l'approche d'action préventive pour la région des Caraïbes, le Secrétariat a signalé un certain nombre d'avantages et d'inconvénients. Veuillez noter que cette liste n'est pas définitive et que les facteurs n'ont pas été donnés par ordre d'importance:

AVANTAGES:

Table des matières

IV. MECANISMES POUR L'APPLICATION D'UNE APPROCHE PREVENTIVE PAR LES ETATS ET TERRITOIRES DE LA REGION DES CARAIBES

Une approche préventive peut s'appliquer dans la région à différents niveaux et à l'aide de plusieurs mécanismes. Le Secrétariat propose le cadre de travail suivant vu qu'il l'estime néanmoins exhaustif.

Il y a deux principaux niveaux auxquels une telle approche peut être appliquée. Premièrement, elle fournirait des directives pour mesurer les différentes activités du Programme pour l'environnement des Caraïbes (PEC). Deuxièmement, des procédures peuvent être élaborées dans le cadre des instruments existants ou dans le cadre des nouveaux instruments pour s'assurer que l'incertitude scientifique ne constitue pas un obstacle aux actions prises pour protéger l'environnement. La charge de la preuve pourrait être portée par ceux qui opposent les mesures préventives ou de remède.

Ces procédures peuvent prendre les formes suivantes:

Au niveau de la procédure, les avocats travaillant dans le domaine de l'environnement ont souvent déclaré que les décisions techniques devraient être prises par un vote à la majorité plutôt que par un consensus. Ceci éviterait ce qu'on appelle la règle du "bâteau le plus lent" (Sand, 1990; Hey, 1991). En effet, le système d'Amendement des Annexes de la Convention de Carthagène comprend déjà cette disposition (Voir l'article 19).

AU NIVEAU NATIONAL

Des techniques identiques à celles mentionées ci-dessus pourraient être employées au niveau national; d'autres techniques à la mise en application pourraient comprendre:

Table des matières

BIBLIOGRAPHIE

TRAITES/DECLARATIONS:

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